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 Convocation à risque calculé [Will ; Anastazya]

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 Sujet: Convocation à risque calculé [Will ; Anastazya]   Lun 4 Déc 2017 - 17:35

Convocation à risque calculé
3 décembre 2480 – Helion – Niveau 3 – Bureau du conseiller Hayes


Une autre journée de travail s’achevait, marquant les trois premiers mois de Will Hayes au poste de conseiller. Au cours de ce trimestre aux horaires impossibles, le jeune politicien ne s’était pas contenté de prendre ses marques. Obéissant à sa nature efficiente, il s’était appliqué à maîtriser tous ses dossiers pour améliorer les protocoles, réduire les étapes intermédiaires et élaguer les tâches superflues. Seule une volonté de tout contrôler plombait encore son rendement, mais la situation était temporaire. Il avait simplement besoin de délais supplémentaires pour vérifier la compétence de ses nouveaux subordonnés, puis raffermir la loyauté de ses alliés. Ensuite, il pourrait envisager de déléguer.

Quittant son fauteuil confortable pour retrouver une position verticale plus saine, Will tapota l’écran de sa tablette numérique pour vérifier son agenda du lendemain. Son premier rendez-vous matinal s’inscrivait justement dans ces problématiques d’allégeance, de fidélité et de talent.
Anastazya Scyeslikt, 17 ans, prodige ès sciences récemment affectée au secteur 7, là où étaient menées les recherches les plus avancées – et les plus secrètes – du dôme. Plus important : nièce de Melheor Carstan, conseiller et chef de ce même secteur 7.

Convoquer cette fille comprenait une part de risque. Si elle se comportait en enfant capricieuse, ou si Will commettait une erreur, son oncle en serait informé et affecté d’une manière ou d’une autre. Or, Melheor Carstan détenait trop de pouvoir pour s’en faire un ennemi.
Fort heureusement, le dossier de la jeune scientifique décrivait une personne stable et rationnelle, voire dénuée de sentiments. Un trait de caractère auquel Will pouvait s’identifier, et qui le rassurait.
Le risque était donc calculé, et les gains potentiels trop importants pour les négliger. Montrer de l’attention à la nièce de son collègue, flatter son intelligence et son éducation, satisfaire à ses besoins dans la mesure du possible. Avec ce programme, Will estimait pouvoir gagner en influence auprès de la nièce et par ricochet auprès de son oncle.
La manœuvre s’inscrivait dans un projet à long terme que le membre du gouvernement ne perdait jamais de vue : conduire Helion et l’humanité vers un avenir glorieux.

* * *

8h00, rendez-vous avec Anastazya Scyeslikt. Un horaire qui ne devait rien au hasard : tout être humain comblé dans ses besoins primaires – sommeil et nourriture – se montrait plus conciliant. Un texto de l’hôtesse d’accueil l’avait informé un peu plus tôt de la présence de son invitée, qui patientait dans le hall sous étroite surveillance.
Will avait préparé cet entretien dans les règles, convoquant l’adolescente surdouée pour s’entretenir de ses projets scientifiques. Une accréditation temporaire, qui lui permettait d’accéder au niveau 3 à titre exceptionnel, courait uniquement de 7h45 à 8h45. En clair, l’entretien durerait une trentaine de minutes.

Le conseiller informa le secrétariat qu’il était prêt à recevoir son invitée. Un simple texto avait suffi, les conversations vocales étant jugées trop inefficaces pour gérer les formalités. Durant les heures de travail, la productivité importait bien plus que les rapports humains.
Will se leva de son siège, puis rajusta machinalement son costume pour en bannir les plis éventuels. Le temps d’une profonde respiration, il ferma les yeux pour achever sa concentration. La porte de son bureau s’ouvrit. Une adolescente longiligne pénétra dans le vaste bureau, fonctionnel et dépourvu de fioritures.

« Bonjour, mademoiselle Scyeslikt. Je vous remercie d’avoir accepté mon invitation. »

La formule tenait uniquement de la politesse. Quand un conseiller envoyait un message de convocation, il était incongru de refuser. Tellement inopportun que cela n’arrivait jamais.
Will Hayes affichait son sourire le plus avenant, résolu à mettre la nièce de Carstan en confiance pour ce premier contact direct.

« Je vous en prie, mettez-vous à l’aise. »

Un geste de la main l’invitait à prendre place sur un siège au rembourrage généreux, correctement placé face au bureau. Comme l’exigeait le protocole, le conseiller s’assit en premier. Il attendit qu’Anastazya soit installée pour entrer dans le vif du sujet, d’une voix claire et plus suave qu’à l’accoutumée.

« Je vous ai convoqué pour discuter de votre premier mois au secteur 7 et de vos projets. Parmi tous les génies du dôme, vous vous distinguez par votre extraordinaire précocité et nous plaçons de grands espoirs en vous. Quelles sont vos impressions sur votre nouveau lieu de travail ? Que projetez-vous d’accomplir ?
Ne craignez nullement de confier le fond de vos pensées, j’apprécie la franchise et personne ne nous écoute. En outre, comme votre éminent oncle et sans doute vous-même, j’œuvre exclusivement dans l’intérêt du dôme et de l’humanité. »


L’hameçon était lancé. Qu’est-ce qui allait mordre ?
Will Hayes scrutait les moindres réactions de son invitée. Il la connaissait seulement de vue et n’avait jamais côtoyé de près les personnes mineures, même lorsqu’il était lui-même adolescent. Le dossier d’Anastazya, garni de rapports scientifiques, manquait de détails pour véritablement la cerner. Gamine taciturne au cerveau hypertrophié ? Ou adulte précoce ayant déjà livré tout son potentiel ?
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 Sujet: Re: Convocation à risque calculé [Will ; Anastazya]   Mer 13 Déc 2017 - 22:20

Comme il était distrayant de constater à quel point le Haut Monde pouvait être imbriqué, débloquant par une simple décision, un enchainement de réactions et d’actes en conséquences. Le principe de causalité s’appliquait également en sociologie… et plus les rouages étaient serrés, plus les mécanismes semblaient fragiles. Si Anastazya avait été plus intéressée par le domaine anthropologique que par la biomécanique et la génétique, sans doute y aurait-elle consacré une étude. Mais le temps était précieux, et ce qu’elle avait découvert de l’animal humain et  de son fonctionnement inter-espèce était bien suffisamment pour lui éviter des désagréments. Et tant que cela perdurait, elle ne perdrait sans doute pas de temps à élucider les quelques rares mystères qu’elle y avait remarqué.
Voilà l’objet de sa réflexion interne, tandis qu’elle parcourait des yeux le courrier qu’elle avait reçu du secrétariat de monsieur Will Hayes.

Hayes… ce nom l’amusait par ces duplicités de sens oral, d’autant si elle s’amusait à faire l’analogie avec son statut de politicien.

Les « yeux ».

Peut être s’imaginait-il pouvoir garder un regard sur tout ce qui l’entourait, en grand monarque qu’il se désirait et contrôler son petit monde d’un clignement de paupières. Sans doute était ce le message implicite qu’il avait voulu faire passer à la jeune scientifique par cette convocation en haut lieu.

Petite, ne prends pas trop tes aises en ces terres, tout ceci m’appartient, ou si ce n’est encore le cas, cela m’appartiendra, viens plus près que je te le confirme.

Elle secoua ses cheveux défaits pour les renvoyer vers l’arrière, une condition capillaire qu’elle ne se permettait qu’en privé ou de très rares occasions. Résolument, ces jeux de pouvoir la faisaient irrémédiablement osciller entre l’agacement et l’amusement. Elle n’avait pas vraiment le temps pour venir donner son hochet à cet enfant capricieux en lui assurant qu’elle ne le lui prendrait pas, mais après tout… cela pourrait peut être lui accorder une détente neuronal appréciable. Après tout, même les plus éminents chercheurs ont besoin de repos et de loisirs.

8h00.

Il était évident qu’elle serait à la porte de l’ascenseur à 7h30, dans l’attente que son badge temporaire ne s’active. Chose qu’il fit à 7h45.

Dans l’élévateur, elle prit le temps de remettre en ordre les informations en sa possession : pas de précision sur la convocation ni de demande de dossiers ou de compte rendu sur l’avancement de ses travaux. L’homme n’était visiblement pas intéressé par ses recherches. Quand les portes métalliques se sont ouvertes, elle fit claquer ses talons sur le carrelage du hall jusqu’à venir se présenter devant la secrétaire. Deux types à l’allure patibulaire patientaient devant deux larges portes qu’elle identifia rapidement comme étant sa future destination. Un autre qui se trouvait maintenant dans son angle mort droit, plus élancé mais doté d’une oreillette, avait fait un pas en avant à son approche.
Elle-même était tirée à quatre épingles, comme à son habitude : un tailleur de soie blanche sous laquelle une chemise à col mao apparaissait, semblant comme empesée d’amidon. Un chignon travaillé, rappelant une vague mode des années 20 avec des vagues plaqués sur le crâne. Ses mains sagement rejointes devant elle tandis qu’elle patientait, étaient couvertes de gants blancs.

Une vibration en provenance de la secrétaire grésilla et le ballet des hommes dont le muscle prévalait sur l’encéphale se mit en clenche : l’un ouvrit la porte, celui avec l’oreillette fit deux pas vers l’invitée pour lui signifier de se diriger vers le lieu où on l’attendait et l’autre, sans doute le plus imposant, ne la quittait pas des yeux.

Elle arbora un air affable et obéit ostensiblement.

En pénétrant dans le vaste bureau, elle tâcha de ne pas laisser paraitre la forte impression que le faste de la pièce lui évoqua. Non qu’elle put en tout état de cause le comparer à d’insalubres espaces, mais même sans la moindre comparaison, le bureau posait un cadre clair, parlant au nom de son propriétaire. Elle s’attarda avec calme sur les divers éléments du décor, les différents objets posés sur le bureau, le désordre ou l’ordre qui y régnait, s’imprégnant de tous ces détails qui parlaient de cet inconnu bien mieux que sa bouche avec ses possibles mensonges et caresses verbales.

Sa pupille se resserra sur l’homme qui l’avait convié en ce lieu, quand l’escorte des gros bras fit demi-tour et referma la porte sur eux. Concise et rapide, elle remarqua le faux pli de la chemise sous le veston indiquant qu’il avait du rester un moment dans une même position, sans doute penché sur son bureau, ou peut être avec le téléphone à l’oreille. Peut être plus probable. Elle s’attarda une seconde sur sa main, cherchant à y repérer une bague, un bracelet, une montre, une marque de rougeur prête à affirmer sa précédente hypothèse. S’il avait téléphoné sans haut parleur ; cela avait il une signification ? Avait-il craint d’être écouté ? Ou sans cela, peut être avait il simplement créer une atmosphère de confidentialité avec son interlocuteur…

La dite main inconnue s’ouvrit, paume offerte comme pour la rassurer d’un éventuel danger, l’invitant à s’asseoir. Elle se retint de toute anticipation, préférant laisser venir cet homme là où il souhaitait la conduire dans cet entretien.

A chacun son rôle.

Elle hocha légèrement la tête pour le remercier et prit place, croisant immédiatement les jambes dans le même mouvement de balancier qui la fit prendre place. Elle croisa proprement ses doigts gantés sur ses genoux et ancra son regard sur le politicien, toute ouïe.

En l’entendant, elle mua avec autant de conviction qu’elle put son sourire moqueur en un sourire de politesse flattée, si tant qu’il pu y voir une différence, car tout dans le discours qu’il venait de lui servir embaumait le serrage de main politique…

Oui, il voulait qu’elle lui donne son hochet.

« Ma foi, monsieur Hayes, j’attendais cette opportunité depuis déjà longtemps mais je n’ai à vrai dire pas encore beaucoup eu  le temps d’approfondir l’objet de mes ambitions… Je récupère des dossiers que je n’ai pas moi-même démarré et il me semble souvent plus long de reprendre les essais d’autrui que de progresser sur ses propres constats. J’aurais tout aussi vite fait de redémarrer de zéro chacun des protocoles… (elle émet un petit rire gracieux, qui pourtant ne reflète aucun humour) mais cela serait sans doute mal vu de la hiérarchie. »

Elle prend le temps de toiser sur le conseiller l’effet de sa remarque puis ajoute en toute simplicité :

« En tout état de cause, je n’ai pas non plus eu à me heurter à cette dite hiérarchie ; serais je arrivée durant la zone rouge de congés ? »

Sans doute avait elle été trop loin déjà et à vrai dire, cette dernière question purement rhétorique n’avait aucun intérêt… hormis celui de la distraire dans une brève joute verbale.

Après tout, elle était pour là pour ça… non ?

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 Sujet: Re: Convocation à risque calculé [Will ; Anastazya]   Dim 17 Déc 2017 - 17:41

Gamine au cerveau et à l’ego hypertrophiés. Telle était l’analyse de Will Hayes après la réponse de la jeune Scyeslikt. Une catégorie à laquelle appartenaient maints savants du dôme, et tant d’autres au cours des quatre siècles d’existence du dôme. Avec les résultats que l’on connaissait : hormis l’avant-poste Reiver, toutes leurs merveilleuses trouvailles scientifiques n’avaient rien enfanté de disruptif. À de rares exceptions près, comme son père adoptif Baernos Hayes, tous regardaient l’avenir à travers la lentille étroite de leur microscope. La clef d’un monde nouveau ne viendrait sans doute pas de la technologie, mais d’une politique audacieuse qui saurait canaliser la prodigieuse force créatrice de l’humanité en un vaste projet commun. Will en avait acquis la certitude presque 20 ans plus tôt, le motivant à se détourner des sciences au profit de la politique.

À l’image de ses congénères, Anastazya Scyeslikt était donc une énergie à canaliser, un simple paramètre dans l’équation complexe de son utopie.
Balayer le travail de ses aînés et prédécesseurs avec une telle arrogance était la marque incontestable d’un orgueil démesuré. Fût-elle le génie du siècle, ses compétences ne pouvaient égaler celles des meilleurs chercheurs réunis. Surtout à 17 ans. Sa remarque déplacée indiquait également qu’elle n’avait pas acquis un semblant d’humilité au cours de son premier mois au secteur 7. Une attitude qui coïncidait avec les rapports présents dans son dossier. Un défaut qui la rendait davantage prévisible.

Avec le même sourire avenant ponctué d’une compassion nouvelle, Will manœuvra avec prudence sans perdre de vue ses objectifs.

« En tant que chef du secteur 7, votre oncle se trouve au sommet de cette hiérarchie. Et je n’ai aucun doute qu’il dirige cette section d’élite avec sagesse et efficacité. S’il a décidé, ou simplement validé, des contacts et des dossiers auxquels vous êtes confrontée, la question ne serait-elle pas plutôt : pourquoi l’a-t-il voulu ainsi ? »

La vérité était l’arme par excellence. Loin de présenter une façade claire et unie, elle se dérobait sous la complexité inaccessible de ses innombrables facettes. Chacune d’elle détenait l’essence d’un argument vrai, qu’il suffisait de sélectionner et présenter au moment opportun. Will Hayes s’exerçait depuis toujours à ce mode d’expression, qui soutenait la justesse de sa vision tout en le préservant des calomnies et tentatives de diffamation. En outre, cela confirmait son image de politicien droit et sincère auprès des intuitifs et fins psychologues.

« Je ne suis pas Melhor Carstan, et c’est à lui qu’il faudrait poser la question, mais peut-être désire-t-il mettre à profit votre intellect supérieur pour avancer dans certaines recherches à fort potentiel, hélas figées en raison d’un obstacle insoluble. En science comme dans d’autres domaines, un regard neuf s’avère parfois nécessaire pour dénouer le problème qui bloque toute progression.
Cela expliquerait d’ailleurs l’absence de supervision dont vous me faites part. Un cadre imposé pourrait limiter vos horizons et priver le dôme de découvertes significatives. De tout temps, les génies ont toujours travaillé avec une efficacité accrue dans la solitude de leur esprit singulier.
»

Maintenant qu’il avait renforcé ses éloges de façon logique – la plus adaptée à une personne rationnelle comme Anastazya, Will avança subtilement vers le terrain qui l’intéressait le plus.

« Néanmoins, je conçois aisément à quel point votre travail actuel peut être frustrant. J’occupe moi-même le bureau que l’ex-conseiller Partoney m’a légué après plusieurs décennies, et l’héritage de certains dossiers revêt un goût amer. Le cheminement intellectuel, la manière d’organiser et présenter les informations, rien n’est conforme à notre façon de procéder et certaines failles nous sautent aux yeux, n’est-ce pas ? Sans omettre la nature des domaines explorés, parfois étrangère à nos préoccupations, ou sans lien tangible avec l’objectif ultime que nous poursuivons depuis l’âge de notre maturité intellectuelle. Croyez-moi, je vous comprends très bien. »

Un léger silence précéda le dénouement de son discours, le dernier étage de l’édifice qu’il avait pris soin de consolider au préalable.

« C’est pourquoi je m’intéresse particulièrement à l’objet de votre ambition que vous venez d’évoquer. De quoi s’agit-il précisément ? »

Dans ce monde dévasté et dangereux, la plupart des survivants recherchaient la survie et la sécurité. Les quatre siècles précédents avaient prouvé qu’il était possible d’obtenir d’eux presque tout ce qu’on voulait en échange de cette garantie.
La jeune Anastazya, en tant que membre de l’élite, était à l’abri de ces besoins primaires et nourrissait évidemment d’autres désirs. Autant de leviers à manipuler pour atteindre le but que Will s’était fixé.
Avec un peu de chance, l’ambition de la jeune chercheuse s’inscrivait parfaitement dans la vision du futur que le conseiller s’efforçait de concrétiser. Auquel cas, son appui serait non seulement intéressé, mais aussi réellement sincère. À présent, cette hypothèse alimentait la curiosité non feinte qui illuminait son regard.
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 Sujet: Re: Convocation à risque calculé [Will ; Anastazya]   Jeu 21 Déc 2017 - 11:21

Ce premier test sembla la satisfaire ; bien que conscient de son pouvoir, cet homme ne se prétendait pas plus possédant qu'il ne l'était vraiment. Il était d'ailleurs étonnant de voir cette élégante courbure d'échine orale, lorsqu'il évoqua son oncle Melheor.
Qu'était ce exactement qu'elle avait perçu dans sa voix quand il avait prononcé ce nom ?... Une réelle dévotion ? Une crainte ? Une admiration ?... Ou une envie masquée ?

Toutefois, autant elle avait perçu ce sentiment de respect à cet instant, autant tout indiquait une tension contenue quand il s'adressait à elle. Elle ignorait encore ce que ce type lui voulait, mais toujours est il qu'elle ne lui était pas avenante, contrairement aux simagrées politiques qu'il lui servait depuis son entrée.

Peu importait, personne ne l'avait jamais aimé de toute façon et ce n'était sans doute pas maintenant que cela commencerait. L'affect était un état de faiblesse qu'elle avait depuis longtemps pris le parti de ne plus subir. Alors lui ou un autre, tous les êtres vivants se valaient bien au final.

Elle laissa échapper un léger soupir et détourna les yeux un court instant, comme pour s'échapper d'une pensée sombre.

"Mon oncle a accédé à ma requête d'intégrer le secteur 7 et certains projets classés confidentiels à toute personne extérieure aux labos (à ces mots qu'elle pèse, elle lui jette un regard explicite), non car je lui suis affiliée par le sang, mais parce qu'il me connait. Il sait que ma priorité sera toujours le progrès de la science, que je ne m'embarrasserai pas de problèmes moraux ou d'éthique qui ralentissent souvent les recherches des plus grands. Il sait mon intérêt pour l'avancée des travaux qui serviront à l'espèce humaine en générale et que je suis prête à sacrifier mon propre être pour atteindre mes objectifs. L'individu n'importe pas quand le collectif de l'espèce y trouve son compte."

Elle inspire de nouveau, une légère tension s'emparant d'elle à son tour, sans doute difficile à interpréter pour le conseiller. Après un léger mouvement d'épaule, elle se lève soudain, fait quelques pas en s'approchant de la large baie vitrée* devant laquelle elle se poste, regardant par delà le verre.

"Comprenez moi bien, conseiller... Je ne suis rien. Vous n'êtes rien."

Sa voix s'est faite plus ténue, lointaine.

"Nous ne sommes que les maillons d'une chaîne immense, dont nous ne pouvons concevoir les extrémités. Nous nous imaginons pouvoir influer sur les mouvements de cet ensemble par nos actes, mais au final, quel que soit à ce jour notre pouvoir et notre influence, nous sommes périssables comme les autres. Nous finirons comme un tas de chair inerte, rongé par la vermine et les affres du temps... et que restera t-il alors de nous et de notre grande influence ?"

Elle décroise les doigts lentement et vient poser sa main sur le verre froid et tourne légèrement la tête vers lui, sans toutefois encore le regarder.

"Préserver ce qui doit l'être... toucher à l'éternité. Faire évoluer ce qui mérite de l'être pour cesser de reproduire les erreurs du passé. Voilà l'objet de ma ferveur."





* HRP : N'ayant aucune idée de l'aménagement du bureau, je prends des libertés, tu m'excuseras si je me suis trompée ! :p

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 Sujet: Re: Convocation à risque calculé [Will ; Anastazya]   Sam 23 Déc 2017 - 18:11

Quand Will Hayes réalisa son erreur, il en éprouva une immense satisfaction. Une approche prudente lui avait permis d’éviter tout écueil, mais il réalisait à présent que la flatterie était une approche inefficace, inadéquate. En réalité, toute stratégie ou faux-semblant était inutile.
Car elle était comme lui. Dissemblable par leurs orientations différentes et le recul que seul l’âge pouvait apporter, mais un même désir impérieux régissait le cours de leur existence. La vision d’un idéal supérieur au sommet duquel chaque vie humaine paraissait insignifiante, et dont l’ascension justifiait tous les sacrifices.

Le conseiller écouta la jeune scientifique sans l’interrompre, se réjouissant dans un premier temps d’apprendre les motivations de Melheor Carstan. Les révélations de sa nièce confortaient ses espoirs d’en faire un allié, et d’obtenir ainsi la majorité dominante dans ce jeu à trois que formait le conseil.
Les décisions basées sur la morale, et parfois l’éthique, freinaient le progrès dans un monde qui en avait désespérément besoin. Certains principes devaient néanmoins être respectés pour avancer vers une société lumineuse au lieu de se perdre dans un obscurantisme déviant.

Will ne la suivit pas du regard lorsqu’elle quitta son siège pour se placer devant la baie vitrée située derrière lui. « Je ne suis rien. Vous n’êtes rien. », dit-elle. Si d’autres personnes avaient assisté à la scène, le conseiller aurait profondément regretté devoir la blâmer pour cette irrévérence envers l’autorité qu’il représentait. Mais il était le seul témoin de sa réflexion et ne chercha pas à réprimer le sourire de satisfaction qui élargissait ses lèvres.
Il se leva enfin tandis qu’elle dévoilait le point focal de sa dilection, tournant légèrement la tête dans sa direction sans que ses iris établissent un contact visuel. Will se plaça silencieusement à ses côtés, avec pour seul horizon la vue exceptionnelle qu’offrait son bureau situé dans la tour centrale surplombant le dôme. Il s’exprima d’une voix calme et posée où toute mièvrerie avait disparu. Une voix non feinte, parfaitement authentique en cet instant précis.

« Chaque organisme vivant exerce une influence sur son milieu, et les interactions complexes de cette matrice universelle aux maillons innombrables engendrent soit de l’entropie, soit de la néguentropie. L’humanité a démontré son influence néguentropique sur la matrice terrestre durant les siècles qui ont précédé les cataclysmes, que la nature tente depuis lors de rattraper par son activité entropique.
De même, à l’échelle du microcosme humain, nos comportements refrènent ou favorisent l’action d’agents extérieurs pouvant entraîner un rapide déclin. Ou nous ouvrir à de merveilleuses possibilités, telles les mitochondries que nos cellules ont intégrées par endocytose il y a deux milliards d’années, et sans lesquelles notre espèce n’existerait même pas – du moins pas sous sa forme actuelle.
Il est vrai que nous sommes tous condamnés à disparaître, ou plus précisément à voir les matériaux qui nous composent être recyclés sous d’autres formes. Néanmoins, je crois que notre influence, au cours de notre bref passage en ce monde, peut être significative sur maintes générations humaines qui nous succéderont. Éventuellement sur l’éternité, si l’on transpose l’effet papillon à cette échelle du temps.
»

Will ne ressentait plus le besoin de jouer ou de chercher à manipuler. Anastazya trouverait elle-même son chemin, et celui-ci irait certainement dans une direction bénéfique à l’humanité. Il suffirait de surveiller ses possibles écarts et de la guider sur les portions les plus obscures. Parfois si obscures qu’elles exigeaient une résilience surhumaine.
Faute d’une autorité supérieure pour les garder sur les rails, nombre d’esprits brillants avaient ainsi sombré dans la folie ou la barbarie, ou avaient renoncé à pousser leur génie au paroxysme par regain de sentimentalisme.
Auprès de sa sœur Grace Hayes, élevée dans les mêmes conditions que lui, Will avait assisté aux profonds changements qu’une jeune femme pouvait connaître une fois adulte et indépendante. S’il était incapable d’éprouver une quelconque rancœur envers sa sœur d’adoption, qui avait elle-même fini par emprunter un chemin utile et louable, il ne souhaitait pas voir un autre potentiel partir à la dérive.
Dix ans de plus seraient probablement nécessaires avant que l’adolescente atteigne une maturité suffisante pour voler de ses propres ailes.

« Les gens comme nous possèdent ce pouvoir incommensurable, tout simplement parce que nous avons la volonté et les moyens de nous en emparer. » D’un geste large du bras, le membre de l’élite désigna les niveaux inférieurs, fourmillant d’activités en cette lumineuse matinée artificiellement générée par le dôme. « À l’opposé, la plèbe qui forme la quasi-totalité de l’espèce humaine, trop occupée à satisfaire ses besoins primaires et égoïstes, ne songe même pas à ce qu’elle va léguer en héritage. Je considère également que la responsabilité nous incombe, en tant que membres de l’élite, d’offrir à tous une chance de s’élever. Ou pour reprendre vos propres termes, faire évoluer ce qui mérite de l’être en chaque être humain. »

Après avoir posé les concepts théoriques, le moment était venu de passer aux considérations plus matérielles. Les pensées se perdaient en graines stériles quand on ne prenait pas soin de les faire germer. Il pivota sur sa droite pour faire face à Anastazya, les yeux rivés sur son visage juvénile.
« Puisque nous parlons de moyens d’action, sur quoi désirez-vous travailler ? De quoi avez-vous besoin ? Et je vous en prie, oubliez les secrets. En plus du gouverneur, les trois conseillers d’Helion bénéficient d’un accès total aux zones et aux documents du dôme. Si j’ai évité le secteur 7 jusqu’à présent, c’est par égard envers votre oncle, et parce que j’avais d’autres priorités au cours des trois mois consécutifs à ma prise de fonction. »
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 Sujet: Re: Convocation à risque calculé [Will ; Anastazya]   Sam 30 Déc 2017 - 16:40

Un froissement d'étoffe derrière elle, lui indiqua subtilement qu'il s'était levé et en quelques pas d'une démarche contrôlée, il vint se poster près d'elle, ni tout à fait à côté ni tout à fait derrière. Avec cette nouvelle proximité, elle pouvait percevoir son souffle, entier et calme, ainsi que des odeurs de propre voire même peut être d'un parfum poivré, typiquement masculin. Elle ne quitta pourtant pas le paysage qui s'étalait devant elle, au delà du verre poli, fascinée par une telle vue. Elle distinguait les compartiments des différents blocs, comme des crevasses béantes de là où elle était, constellés de lumières artificielles et au centre un large pilier de plusieurs mètres de diamètre supportant la clef de voûte du dôme qui dessinait son majestueux arc de cercle de part et d'autre. Très loin, encore en dessous, sous la plus fine strate de cet amoncellement social d'individus et de béton, la Terre qui vrombissait encore de toutes ses horreurs vécues qui n'auraient sans doute de cesse de chercher à les déterrer de leur cocon protecteur.


La tirant de sa rêverie, la voix du conseiller s'éleva près de son oreille attentive. Au bout de quelques phrases, elle ne put s'empêcher de froncer les sourcils, dubitative. Quelque chose avait changé. Dans son ton, dans sa voix même, sa manière de s'exprimer. Qu'est ce qui avait provoqué ce revirement soudain ? Et puis, soudain, ce n'était plus un politicien qui lui parlait... ces mots... non, malgré tout le talent de ces langues de bois à s'exprimer pour charmer leur auditoire, il n'était pas possible qu'un inculte soit capable d'employer de tels termes sans en maîtriser le sens.

Il venait brusquement de capter toute l'attention de la jeune fille et elle avait, cette fois, franchement tourné le visage vers lui et le dévisageait avec une avide curiosité.

Elle but ses paroles le temps qu'il les déversa, avec un intérêt sincère. Puis, elle cligna des paupières lentement, encore incrédule sans le lâcher des yeux.

« C'est... exactement ça... » souffla t-elle.

Se remettant avec peine de sa surprise, elle prit la parole à son tour, comme s'adressant maintenant à une personne qu'elle estimait réellement :

« Pourquoi avoir choisi de faire carrière dans la politique, monsieur Hayes ? »

Mais tout en énonçant sa question, de multiples réponses commencèrent à poindre dans son esprit, des choix, des rencontres, qui avaient guidé cet homme sur la voie qui lui semblait la plus efficace pour atteindre ses propres ambitions. Tout comme elle, sans doute... mais avec plus d'années.

A cette réflexion, elle se demande soudain quel âge il pouvait avoir.

« Vous semblez jeune... hmm, je veux dire : pour un politicien. D'ailleurs, trois mois... c'est encore bien précoce... (elle semblait réfléchir à voix haute plus que s'adresser vraiment à lui) c'est sans doute pour cela que vous avancez vos pions avec autant de prudence... »

Elle pencha légèrement la tête sur le côté, cherchant à s'extraire d'un dédale de spéculations complexes.

« Les égards... (elle sourit, reprenant enfin pied avec une attitude plus solide) C'est une chose qui sied fort bien à votre statut, néanmoins on peut dissimuler tant d'intentions derrière une telle politesse.
Ne prenez pas la peine d'avoir des égards avec moi, monsieur Hayes, c'est une perte de temps, gardez les pour mon oncle ou.. vos autres rivaux. Excusez moi, vos pairs


Elle sembla amusée une brève seconde, sourit en coin légèrement, et sembla se pencher indiciblement vers l'homme, dans une posture de confidence :

« Mais soyons efficace, vous avez raison. Si cette discussion devait trop durer, je me questionnerai à mon tour sur les bien-fondés de mon propre statut de scientifique ou de politicienne ratée (cette fois, c'est bel et bien un petit rire qui s'échappe de ses lèvres) !
J'ai en tête deux projets qui me tiennent à cœur... mais pour l'un d'eux j'aurais besoin de compétences que je ne possède pas moi même... à ce propos, vous pourriez peut être m'aider, puisque vous le proposez avec tant de véhémence. Connaîtriez vous un développeur-programmeur assez douée pour manier Python ou CLIPS... en toute discrétion bien évidemment ? »


Elle se recula, signifiant qu'elle avait achevé sa demande puis rejoignit ses bras l'un sur l'autre, devant elle et ajouta :

« Quant à creuser l'objet même de ces deux recherches, il faudra peut être avant m'offrir un gage de confiance, monsieur Hayes... On ne révèle ses secrets les plus intimes qu'à ceux qui ne nous ont d'abord montré leurs propres secrets... »

Un regard de connivence clôtura ses mots.

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 Sujet: Re: Convocation à risque calculé [Will ; Anastazya]   Ven 12 Jan 2018 - 6:50

La vive curiosité que la jeune Scyeslikt manifesta en entendant les paroles du visionnaire, Will l’interpréta comme une simple confirmation de ses certitudes. C’est pourquoi il n’éprouva aucune exaltation supplémentaire devant les réactions de surprise et d’incrédulité qui se succédèrent chez l’adolescente. Pour lui, tout était d’une limpide simplicité et il n’y avait guère besoin de s’étendre en bavardages.
En outre, la barrière de l’âge l’empêcherait longtemps encore de discourir avec la même profondeur que des adultes plus expérimentés.
Le génie peut donner l’illusion de la maturité, mais pas s’y substituer.
L’élitiste espérait néanmoins que leur échange planterait dans l’esprit de son interlocutrice les graines d’une réflexion propice à un brillant avenir. C’est pourquoi il lui parut utile de répondre à la question pertinente de la scientifique : pourquoi avoir choisi la politique ?

« C’est très simple, je suis arrivé à la conclusion que la politique était la voie la plus complète et la plus efficace pour mener l’humanité dans la bonne direction. Car la politique englobe tous les domaines, en plus d’en détenir les pouvoirs.
Qui détermine la répartition des ressources humaines et matérielles du dôme ? Qui supervise les actions à l’extérieur ? Qui décide des productions et des recherches prioritaires ? Qui oriente nos projets d’avenir ?
Toutes ces questions essentielles aboutissent à une seule et unique réponse : le gouvernement d’Helion.
La politique et le pouvoir qu’il procure sont des moyens, pas une finalité. Je serais aujourd’hui milicien à Reiver si cette carrière avait un impact déterminant.
Mon père croyait que la science était la clé de notre futur, pourtant ses projets les plus novateurs se sont heurtés à des choix politiques. Notez d’ailleurs l’ironie : ce sont les politiques du passé qui ont guidé la recherche et la technologie sur des chemins ayant failli mener à l’extinction de la race humaine.
Seule la politique au sens noble, qui vise à régir chaque aspect de la société afin de progresser collectivement vers un même idéal absolu, permet à l’humain de s’épanouir au niveau individuel sans entrer en conflit avec les autres. Chacun avec les capacités et les désirs qui lui sont propres.
La politique, c’est le puits gravitationnel qui orchestre chaque corpuscule au sein de la matrice cosmique, permettant la formation d’un ensemble cohérent de corps célestes, l’émergence de la vie et de la beauté là où règne le chaos d’une matière primordiale.
Ou faire émerger un ordre social tendant vers l’Utopie là où règne le chaos de la sauvagerie humaine, si vous préférez.
Selon moi, cette force de cohérence et de cohésion est une condition sine qua non pour évoluer harmonieusement sans nous détruire.
»

Puis Anastazya évoqua le jeune âge du politicien et son attitude envers elle.

« Vous deviez attendre bien peu de cet entretien, mademoiselle Scyeslikt, pour vous abstenir de vous renseigner un minimum à mon sujet. Je vous remercie néanmoins pour le compliment : il est vrai que 37 ans est un âge peu avancé pour occuper un siège de Conseiller, mais ces trois mois à cette haute fonction succèdent à cinq années au poste de Secrétaire à la justice, domaine où j’avais préalablement travaillé comme assistant.
Quant à la prudence, cette vertu n’est pas un signe de jeunesse, mais de sagesse. En tant que scientifique, vous savez très bien qu’on obtient des résultats à force d’essais et d’erreurs. Mais on doit aussi éviter tout risque d’erreur fatale, sous peine de nous priver parfois définitivement d’un nouvel essai.
»

La chercheuse répondit enfin sur ses propres ambitions, réclamant un soutien en programmation Python-CLIPS. Toutefois, au lieu d’expliquer ses intentions, elle exigea que Will lui confie des secrets pour établir une relation de confiance. Une requête incongrue qui, aux yeux de son interlocuteur, salissait cette conversation intéressante comme une tache d’encre souillait un verre d’eau pure.

« Le CLIPS, n’est-ce pas cet antique langage développé par la NASA à la fin du XXe siècle ? Une interface doit sans douter exister avec le Python, d’ailleurs. »

Question purement rhétorique, puisqu’il n’attendit pas une réponse éventuelle avant de poursuivre.

« Quoi qu’il en soit, mademoiselle Scyeslikt, je croyais que tout était clair entre nous. Après avoir fait preuve de hauteur, vous voici redescendue dans une basse mesquinerie qui vous dessert. Beaucoup.
Nous ne sommes pas ici pour négocier, mais pour collaborer. Quand un allié marche dans notre direction et nous propose son soutien, on ne cherche pas à lui soutirer quoi que ce soit comme une sangsue avide. L’attitude la plus intelligente consiste à accepter son aide, puis de partager ce qui est opportun pour avancer ensemble avec une efficience et une rapidité accrues.
Si vous persistez dans cette attitude puérile de marchandage, vous pouvez sortir de mon bureau dès à présent et retourner à vos recherches.
»

Aucune trace de colère ne se lisait chez le conseiller tandis qu’il pointait du doigt la porte par laquelle Anastazya était entrée. Le ton était ferme, mais dépourvu de menace.
À l’extérieur, l’homme qui associait science et philosophie dans sa dialectique restait semblable à son espace de travail : lisse comme du verre poli, aseptisé comme un laboratoire de biologie virale, dépourvu de fioritures inutiles, sans âme.
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 Sujet: Re: Convocation à risque calculé [Will ; Anastazya]   Lun 15 Jan 2018 - 14:18

Les fluctuations qui émanaient de cet homme commençaient à donner le vertige à la jeune scientifique. Elle, déjà peu encline aux relations sociales, était profondément déstabilisée. Elle eut le sentiment très étrange d’une partie de pêche qui se serait déroulée à son insu… La comparaison peut sembler étrange, mais c’est ce que cela lui évoqua brusquement. Cet art ancestral, oublié et inusité de nos jours, elle l’avait découvert dans certains vieux ouvrages ; les adeptes y expliquaient les techniques principales : Laisser aller une longue ligne invisible au-dessus de l’habitat naturel de la proie, y arrimer un appât suffisamment crédible pour stimuler l’intérêt. Quand la proie mordait à l’hameçon, il fallait la ramener lentement vers soi et dès qu’elle opposait une résistance, laisser couler la ligne pour laisser croire à la proie qu’elle n’était pas encore prise au piège… ceci dans le seul but que cette dernière ne se débatte pas et ne brise pas le dit-piège qui se refermait sur elle.

Elle réprima une grimace et se recula d’un pas, échappant un soupir contrit.

Sa longue tirade sur le bien-fondé de son choix vers la politique, en tant que seul et véritable maitre de gouverne de ce monde et de ses habitants, ne fit que confirmer les premières impressions qu’elle avait eues en pénétrant ce vaste bureau. Qu’avait-il de différent des autres, finalement ? Mégalomane convaincu, avide et imbu de son pouvoir, beau parleur et maître en sa demeure, incapable de supporter que son prétendu pouvoir soit remis en cause…

Elle savait plier quand cela était nécessaire, c’était l’apanage de toutes les femmes et leur réelle force… car ce qui ne plie pas, rompt.
Il voulait qu’elle sache qui dirigeait en ce lieu ? Bien. Ce n’était pas un combat qui avait le moindre intérêt pour elle. Il voulait lui faire croire bien aimablement qu’il était là pour lui rendre un grand service sans lequel jamais elle ne réussirait quoi que ce soit ? Bien. Les hommes avaient souvent ce besoin  de se sentir les chevaliers blancs des pauvres hères en détresse.

Elle arqua un sourcil en le regardant :

« Puisque vous étiez à l’initiative de cet entretien, monsieur Hayes, je n’avais en effet aucune attente face à cette rencontre. Tout au plus, une curiosité divertissante, veuillez m’excuser de n’avoir préparé cette entrevue comme si j’envisageais rejoindre vos rangs. Et de nouveau, mes excuses ; j’ignorais que la sagesse était antonyme à la jeunesse. »

Semblant se souvenir d’une anecdote amusante, elle sourit en coin, cherchant des yeux dans sa mémoire avant d’ajouter :

«Aux âmes bien nées... la valeur n'attend point le nombre des années… S'est perdue dans les méandres de mon jeune esprit l'identité de l’auteur de cette phrase, mais alors que je l’avais lue, j’avais été interpelée par le fait que la jeunesse devait parfois rappeler le principe d’humilité à ses aînés. »

Quand il fit ensuite écho à sa requête sur le langage de programmation capable de créer une intelligence artificielle, elle recouvra son sérieux.

« Certes antique, mais je n’ai eu l’occasion lors ma courte existence, de me familiariser avec des développeurs compétents qui m’auraient révélé leurs secrets. Ce que je sais, pour la plupart, je le tiens de mes livres, le reste je l’ai acquis par l’expérimentation et enfin, reste une infime partie renseignée par mes congénères. Si vous avez des connaissances que j’ignore, car je ne me prétends en rien infaillible, je vous serai gré de m’aider à combler ces lacunes, si tant est que votre offre de soutien était sérieuse et inconditionnelle ? »

Elle plissa légèrement les yeux en le dévisageant, puis le conseiller acheva son discours empirique par ce doigt pointé vers la sortie.

Avait-on réellement le droit de tenter les gens à ce point d’une chose qu’il désire ardemment, tout en leur faisant implicitement et violemment comprendre que s’il assouvisse cette pulsion, cela leur sera profondément regrettable ? Jusqu’où le vice humain pouvait-il aller dans de telles situations ? C’est dans ce genre de cas où le cœur et la raison se disputait le choix final, s’étripant tant chacun estimait que c’était à lui de trancher ce dilemme.

Mais Anastazya n’était pas faite de cœur, mais de raison.

Elle inspira calmement, profondément, sa poitrine serrée dans son chemisier blanc se soulevant progressivement avant de retomber avec retenue. Elle regarda le doigt avec une expression de dédain, la bouche inexpressive, le visage éteint.

« La plus intelligente, dites-vous ? »

Elle laissa passer un blanc, prenant tout son temps avant d’enchainer, un mur de béton armé glacial venant de s’ériger psychologiquement entre elle et son interlocuteur.

« Vivrions nous dans le Pays des Fées et de l’Amour Infini, vous auriez cent fois raison, monsieur le conseiller. Mais de nos jours, dans notre monde, sous ce Dôme tout comme à l’extérieur, l’instinct de survie a éduqué des générations d’individus à agir en se demandant toujours qu’elle serait la contrepartie à une générosité obscure et subite. Alors quand un inconnu marche dans notre direction et nous propose son soutien, on peut avoir la naïveté et la crédulité de sourire, de fermer les yeux et d’offrir à cette personne tout ce qu’elle demande, sans se demander comment elle pourra l’utiliser plus tard contre soi. Ou alors, on peut décemment s’assurer d’une garantie, faisant alors preuve de sagesse, de prudence car qui, de nos jours, est parfaitement altruiste et ne cherchera qu’à faire le bien d’autrui ?

Vous, monsieur Hayes ?

Ne me reprochez pas de protéger l’expérience que nous sommes en train de réaliser en ce moment même ensemble, en mettant quelques flacons témoins de côté. L’instabilité des réactions me semble à moi bien dangereuse et comme vous l’avez si bien dit…. on doit aussi éviter tout risque d’erreur fatale, sous peine de nous priver parfois définitivement d’un nouvel essai. »


Elle se raidit, ses bras se croisèrent sur sa poitrine.

« Maintenant, si vous souhaitez que je quitte cette pièce, inutile de me pointer la porte du doigt de cette manière, il vous suffit de me le dire clairement. Nous sommes dans votre bureau, vous y avez donc tous les droits. »


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