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 Dame de coeur, Roi de pique

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 Sujet: Dame de coeur, Roi de pique   Sam 3 Fév 2018 - 18:12

La Reine et le Cavalier

avec @Zorhan Eight

La porte de son abri claqua si fort qu’elle faillit dégonder le fragile équilibre des tôles. Pourtant, dû à son ancienneté et son statut, Hécate bénéficiait d’un des refuges les plus solides du campement. Construit en récupes de bric et de broc, la jeune cultivatrice l’avait agrémenté des branchages venus de son potager pour remplumer le tout et isoler la bâtisse. Lui donnant un atout thermique majeur et une pointe de décoration sylvestre aux parfums boisés. De ce fait, la fraicheur de la nuit s’estompa rapidement à peine eut-elle refermé. Hécate fit quelques pas à l’intérieur, revint sur ses traces, reparti, se retourna de nouveau et s’arrêta quand une foutue nausée failli prendre le dessus.

Elle lui en voulait. Terriblement. Sa profonde insouciance, malgré une vie semée d’embûches gros comme un dôme d’Hélion lui avait appris à tout prendre de la vie. Elle avait été habituée à donner, sacrifier, partager aussi, mais le refus, la neutralité, ça, elle ne connaissait pas. Comment Zorhan pouvait-il simplement rester là, hermétique. Ne se laissant sourire qu’un quart sur la gauche et grand max un tiers sur la droite. Bien sûr qu’elle aimait son stoïcisme, son calme, sa clairvoyance, mais la passion a cela d’amusant que les qualités de l’autre deviennent parfois des défauts insupportables.

La jeune femme attrapa le broc d’eau sur la petite table qui lui tenait siège de boudoir et en versa dans la cuvette qui lui servait pour ses ablutions. Plongeant ses mains dans l’eau fraiche elle la laissa ruisseler sur son visage. Une fois. Deux fois. Même la mine absolument terrifiée d’Hives quand il leur avait ouvert ne pu lui décrocher un sourire. Pas même l’esquisse de Zed qu’elle avait vu revenir du potager avec une moue malicieuse peinte sur le visage. Délassant sa tunique, elle l’a fit passer par dessus sa tête, ne gardant qu’une fraiche chemise de coton. Elle poursuivit machinalement sa toilette.

Le chiffon trempé glissa sur ses chevilles... Son regard sur elle la transperça.
Ses jambes… La chaleur de son souffle contre son dos.
Son bas ventre jusqu’à sa poitrine… l’électricité de son goût se déchargea en elle.
Remontant jusqu’à sa nuque. Hécate lâcha un soupire, vaincue.

Elle releva la tête pour croiser son reflet qui douze heures auparavant lui avait souhaité une bonne journée déformée, et ses traits se détendirent. Attrapant machinalement des herbes fraiches de lavande elle s’en frotta le corps et d’une main leste, soustraya trois graines d’un petit bocal qu’elle posa sur sa langue avant de les croquer. C’est par son clan qu’elle connaissait leurs propriétés et avait appris à les cultiver. A haute dose, elles pouvaient embrumer l’esprit jusqu’à le faire entrer en transe. A petite, elles permettaient un simple effet de clair relaxation. Un étrange mélange entre le repos du corps et l’élévation de l’esprit.

S’allongeant sur sa couche Hécate, une main posée de dos sur le front, fixa la lucane qui servait à la fois de puit de lumière et de conduit de cheminée lorsqu’elle s’essayait à l’art délicat de l’herboristerie. Un bout de lune s’y découpait clairement. Et la vérité la frappa. L’une de celle qui, trop absorbée par notre propre réalité, nous ramène brutalement à terre.

Zorhan ne ressentait tout simplement pas ce qu’elle même éprouvait pour lui. C’était si simple de clarté qu’un rire forcé franchit ses lèvres. Hécate ferma les yeux, retenant le sel aux portes. L’étau dans sa poitrine se desserra à mesure qu’elle digérait l’information. Pur… logique. Et elle n’y avait même pas songé. Ce qu’elle avait prit pour un lien spécial n’était rien d’autre que de l’affection paternaliste. Ce qui les avait rapproché il y a huit ans les tenait encore, mais c’était tout. Il l’avait sauvé, et en temps que tel se sentait responsable de sa vie, comme un berger de son mouton. Elémentaire. Et du Zorhan tout craché. S’ils badinaient, échangeaient regards du coin de l’œil, ce n’était que pour assurer un quotidien, une habitude rassurante. Hécate était une pièce sur le grand échiquier de l’intendant. Une pièce, reine peut-être, mais avant tout un pion à placer stratégiquement à l’abri du clan adverse.
Hécate se retourna sur le côté, dos à la porte. Accepte ce que la vie te donne, et ce qu’elle te reprend.

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 Sujet: Re: Dame de coeur, Roi de pique   Sam 3 Fév 2018 - 21:36

Dame de cœur, Roi de pique
Peu importait... Non. Pas autant que ça finalement. J'étais rentré, avais fait passer un message à Caelyne pour qu'elle s'occupe de la gueulante qui serait faite à Hives. De brèves salutations sans sourire, des paroles succinctes sans grand intérêt pour ceux qui croisaient ma route et souhaitaient échanger quelques mots en cette fin de journée. Je n'étais pas d'humeur aux longues conversations et aux requêtes officieuses... Si Hécate avait toujours plus ou moins occupé mes pensées - elle était un de mes repères principaux lorsqu'il fallait prendre une décision, lorsque la diplomatie et la délicatesse étaient de mise, je me demandais souvent comment elle, elle réagirait, avant de faire un choix - en cet instant elle m'aveuglait. Sa colère, ce baisé...

Sans trop réfléchir, j'avais laissé mes pas me guider jusqu'au bureau où j'officiais. Comme si je n'y passais pas assez de temps... Refermant la porte derrière moi, je soupirai longuement. Pourquoi sentais-je la colère faire trembler mes mains ? Pourquoi d'avoir contrarié Hécate ne me laissait pas aussi indifférent que je le souhaitais ? Je luttais pour garder mon calme et pour m'aider, je m'avançai vers des réclamations écrites qui jonchaient mon bureau. Elles me paraissaient toutes si insignifiantes... si inutiles. Perdais-je mon temps avec tout ça ? Un refuge pour s'éloigner des dangers qui impliquait également de s'éloigner des plaisirs de celui-ci : se préserver, préserver ceux qu'on aime, en limitant peines et joies. Toutes deux si liées et proches. Hécate avait survécu à la perte d'un amour. Mais je n'imaginais pas qu'il puisse être possible de se remettre réellement d'une telle perte... À voir comment je portais mes morts sur la conscience, je n'osais même pas penser à l'idée de m'abandonner à une personne et de la perdre... Je me perdrais en même temps s'il venait à lui arriver le moindre malheur. La peur de souffrir, d'ajouter à ce poids de nouvelles charges. Certes, cela me rendait imperméable au bonheur. Mais ça me tenait également en vie.

Était-ce une faute que de chercher à se protéger et protéger ceux à qui on tient ? Je n'attendais pas à ce qu'elle me remercie, mais au moins pouvait-elle comprendre... non ? Je ne parvenais pas à penser qu'Hécate veuille risquer de tout perdre à nouveau. Bien que je lui prêtais une force et un courage certain, je ne l'imaginais pas capable de prendre ce risque de souffrir une nouvelle fois. Peut-être que le temps avait fait son office avec elle. Peut-être qu'Hécate était prête à retenter sa chance, qu'elle aspirait à un nouveau bonheur... Je n'étais pas confiant quant à l'idée où je pourrais lui apporter ce qu'elle recherchait... Mais je sentais une chaleur vive dans mon cœur qui me faisait frissonner à repenser à ses lèvres contre les miennes. Ça n'avait rien à voir avec le fait que je n'avais pas touché une femme depuis quelques années. De plus, j'étais habitué à la présence d'Hécate. À son odeur, sa douceur, sa voix, sa chaleur... ces petites choses qui suffisaient à me faire oublier toutes les contrariétés du quotidien et qui me redonnaient l'énergie d'avancer. Elle était là pour moi autant que j'étais là pour elle. Notre amitié n'avait rien d'un sens unique et l'affection que l'on se portait était réciproque. De cette réciprocité qui me mettait au pied du mur... Avais-je réellement des sentiments pour elle qui dépassaient cette amitié que nous avions cultivé toutes ces années ?

D'une impulsion brusque, je balayai de ma main ce qui se trouvait sur mon bureau. Un élan de colère qui échappa à mon contrôle. Je posai mes coudes sur le bureau et engouffrai ma tête dans mes mains. Mes mains remontèrent jusqu'à mes cheveux alors que je baissai un peu plus la tête. Je devais aller la voir. Je ne pouvais pas la laisser comme ça... Respirant un bon coup, je me levai et quittai l'office en la laissant en l'état. D'un pas sûr, je me rendis jusqu'à chez elle. Un abri solide qui attestait de son ancienneté. Un confort qu'elle avait su cultiver, à l'image de son métier, de ce qu'elle était. Une hésitation alors que je m'apprêtais à poser ma main sur la porte. Je n'avais pas à m'imposer à elle, à venir sans prévenir et encore moins alors que je la savais énervée contre moi. J'ignore ce qui m'a alors poussé à tout de même appuyer sur la clanche. À laisser la porte s'entrouvrir et franchir son encadrement sans m'annoncer d'une quelconque façon. Je refermai la porte dans un silence feutré en la voyant étendue sur son lit. « Hécate ? » Prononçai-je d'une voix douce et basse au cas où elle prendrait peur de cette intrusion importune. Je m'avançai jusqu'à l'atteindre. Elle semblait assoupie. Une fois à sa hauteur, je m'assis au bord du lit et posa délicatement ma main sur son épaule. Elle était si belle... rayonnante malgré les lueurs lunaires de la nuit. « Hécate... pardonne-moi », prononçai-je en continuant à observer ses yeux clos.
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 Sujet: Re: Dame de coeur, Roi de pique   Dim 4 Fév 2018 - 1:26

La Reine et le Cavalier

avec @Zorhan Eight

Ses pieds foulaient un sol aux milles paysages. Un instant herbe grasse comme n’en poussait qu’au delà des monts, puis un lac sur lesquels ses orteils nus goûtaient à la fraicheur sans y plonger, elle fit un pas et le son se répercuta sur une surface aride, gelée. Des murmures dans son dos lui firent tourner la tête. Une silhouette pâle au loin l’obligea à plisser les yeux. Elle mit sa main en visière, sachant déjà. Il fut à quelques mètres en une seconde. Hécate inspira, et son souffle se propagea en mille échos dans ses oreilles. Lui revenant comme un boomerang, un rire, ténu, insouciant puis le visage de Kamar se figea et prononça ses derniers mots « ne les laisse pas me prendre »… inlassablement, « ne le laisse pas me prendre », avait-elle bien entendu ? « Ne le laisse pas te prendre ».

« Hécate ? » Elle murmura dans son sommeil. Qu’on la laisse tranquille, elle n’arrivait pas à comprendre.
« Hécate… pardonne moi ». Ses yeux s’ouvrirent grands, limpides comme deux étangs agités alors qu’elle sentit avec une implacable certitude qu’elle était réveillée et qu’une main se trouvait sur son épaule. Sursautant, la jeune femme opta pour le reflexe le plus basique du monde, elle balança un coup de pied sur ce qui devait être le propriétaire des cinq doigts posés sur elle. Dans son élan, elle sentit qu’elle atteignait des côtes bien plus proches qu’elle ne l’avait prévu, comme si l’intrus se trouvait sur le rebord de son lit. Elle sut également que dans son énergie à se défendre, elle venait de déplacer ses fesses de vingt bons centimètres et qu’elles se retrouvaient actuellement dans le vide. L’instant d’après, les deux réfugiés chutèrent chacun de leur côté, et le lit se vida de ses deux hôtes sans même avoir pu dire « ouf ».
La dureté du sol la réveilla tout à fait et Hécate s’accouda en grimaçant au lit, un nid de chouette sur la tête et un bleu en devenir sur la cuisse. Elle croisa le regard de Zorhan et eut un moment de pure absence sur le pourquoi du comment quelqu’un, un homme, et Zorhan qui plus est, était présentement de l’autre côté de son lit. Elle balbutia, ne sachant aligner trois mots correctement avant de se relever et de pudiquement attraper le châle coloré sur une chaise de l’abri.

« Que fais-tu là ? » Sa surprise était-elle qu’elle en oubliait d’être désagréable et que son ton s’incurvait en un honnête questionnement. Tout lui revint en mémoire bien sûr. L’Extérieur, le baiser, la dispute. Sentant un terrible sentiment de honte l’envahir, Hécate ne put soutenir plus longtemps le regard de l’intendant de Steros et elle se tourna dos à lui, raffermissant sa prise sur son châle avant de passer une main sur son visage puis ses cheveux, dans un semblant besoin de remettre de l’ordre dans tout ça. Elle avait dû s’assoupir. Combien de temps avait passé ? Une petite heure tout au plus. Que faisait-il ici ? Etait-il venu lui rappeler son rôle et le respect qu’elle lui devait ? Non… pas entre eux…
Il avait dit « pardonne moi ». Hécate soupira. Comme s’il était possible de lui en vouloir plus de soixante minutes. C’est à elle qu’elle en voulait à présent. La sensation d’avoir gâché un lien si longuement établi par un instinct de folie non partagé lui cuisait les joues. Elle frotta doucement sa cuisse douloureuse  avant de se retourner. Ses yeux passèrent rapidement sur l’homme en face d’elle avant de s’absorber dans un rayon de poussière.

« Bien sûr. » Fit-elle simplement. Sa colère semblait bien loin. N’en restait qu’une gêne authentique qu’elle tentait de dissimuler sous une façade de sérénité. Hécate se garda pourtant bien de s’excuser de son côté. Ses mots, elle les avait pensé. Son baiser… elle ne pourrait jamais le regretter. Si les conséquences lui pesaient, Hécate les assumait. Pourtant… pourtant elle sentait que si Zorhan ne repartait pas très vite son sang recommencerait à bouillir. Serait-ce toujours ainsi à présent ? Avait-elle brisé pour toujours la relation de confiance tranquille qu’ils avaient l’un envers l’autre depuis huit ans ? Le lit entre eux deux témoignait à lui seul de ce nouvel obstacle dans leur relation. Sachant qu’il devrait trouver une autre excuse que son pardon accordé pour rester elle murmura rapidement.

« Tu as eu ce que tu voulais… je crois. » La jeune femme carra les mâchoires et s’obligea à faire face à son regard cyan.


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 Sujet: Re: Dame de coeur, Roi de pique   Dim 4 Fév 2018 - 10:12

Dame de cœur, Roi de pique
La stupeur de ma présence ne surpris pas seulement Hécate. Bloquant son coup de pied je me retrouvai au sol en une fraction de seconde dans laquelle la jeune femme tomba de l'autre côté. Me relevant sans grande difficulté, j'allais m'enquérir de son état avant de voir qu'elle paraissait gênée par ma présence. Après tout, ça n'avait rien de rassurant et défiait la pudeur que l'on s'accorde à oublier lorsqu'on est seul chez soi... Je détournai alors le regard quand elle se couvrit d'un châle. Sa voix paraissait éloignée de toute animosité, ce qui parvint à m'étonner malgré le fait que je la connaissais. Hécate n'était que très rarement en colère. Et ce soir, ça avait été la première fois en huit ans qu'elle avait montré cette colère à mon égard. Son soupir fut des plus éloquent. Et l'accord de son pardon loin d'être concluant... Je m'accordai de reposer mes yeux sur elle. Son visage chiffonné la rendait si douce, la voilant de cette innocence dont on targue les enfants. Non pas que l'on pouvait la confondre avec une enfant, bien que ses traits soient délicats et raffinés, Hécate était le genre de femme que l'on ne pouvait ignorer. Que ce soit dans la force de son regard bleuté ou ses courbes callipyges.

Dans le silence nocturne, elle tenta de me congédier d'un simple rappel que ma question avait obtenu sa réponse. Mais je n'étais pas de cet avis... « Hécate, ce n'est pas un mot que je veux. Je souhaite que tu me pardonnes, réellement. Tu ne peux pas me pardonner juste en prononçant un "bien sûr". On est dans une impasse et si on n'en sort pas, je crains de te perdre. Et tu te trompes si tu crois que je vais laisser quoi que ce soit se mettre entre nous », déclarai-je avec une sincérité qui m'étonnait moi-même. Dire ce que j'avais sur le cœur n'était pas dans mes habitudes. Ce n'était pas ma fonction au camp qui allait m'aider là dessus... Être impartial, neutre, c'était une grande partie de mon travail à Steros. C'était également ce qui me rendait efficace dans les tâches qui m'incombaient. Le problème résidait dans le fait que dans ma vie privée, je conservais ces traits qui me rendaient froid et distant. Pourtant habitué à ça, à ce regard déçu que j'avais déjà lu à travers bien des yeux qui espéraient que, pour eux, je laisserais tomber cette carapace.

Par facilité, j'avais toujours pris ça sur moi. Accordant le fait que je n'étais pas fait pour ces choses-là. Mais peut-être que le problème venait simplement du fait que je ne trouvais pas la bonne personne... Fallait-il que ce soit Hécate ? L'une des personnes que j'estimais le plus dans ce campement, cette femme qui de toute façon, avait déjà connu l'amour, de cet amour où l'on croit ne pas pouvoir survivre lorsqu'il nous est arraché ? Je ne doutais pas des sentiments qu'elle pouvait ressentir à mon égard. Mais j'émettais toutefois certaines réserves quant à leur nature... Toujours est-il que ça ne changeait en rien ce qui s'était passé en dehors des murs de Steros. « J'aurais dû t'accorder de rester à l'extérieur... mais je ne pensais pas être le mieux placé pour t'aider en cette période que je sais difficile pour toi. Hécate, je suis là pour t'écouter et t'épauler mais j'ai bien peur de ne pas avoir les mots, de ne faire qu'ajouter des pensées sombres à te parler de moi. L'échange est loin d'être une force chez moi... » Soupirant longuement. « Le temps ne marche pas aussi bien pour moi que pour toi ; il ne guérit pas les souffrances et les peines qui m'accompagnent chaque jour. Peut-être que tu vas me prendre pour un fou... mais à chaque allée, chaque lieu, je suis hanté par le visage de ceux que je n'ai pas réussi à protéger. Désolée de te décevoir, mais je suis pas aussi courageux que tu ne le penses. Sinon je serais capable de surmonter tout ça et je serais probablement encore dans les rangs des protecteurs. » Il était important de sauvegarder les apparences. De paraître infaillible et solide pour rassurer les autres. Mais force est de constater que ça n'allait plus à Hécate...

Loin de moi l'idée de lui en vouloir. Je lui devais d'être honnête. Je voulais être honnête avec elle. Hécate méritait qu'on le soit. Mais bousculé par les changements que j'abhorrais, je n'étais pas des plus confiants... Avais-je fait le bon choix en venant lui parler ? M'introduire chez elle était sûrement plus une erreur de civilité que de choix. Mais de toute façon, je n'aurais pas su fermer l'œil de la nuit si je n'étais pas venu lui parler. Osant contourner le lit qui nous faisait obstacle, je lui accordais quelques mots de plus. « Ne m'en veux pas, mais je ne suis pas sûr de ce que tu peux ressentir pour moi... et je ne veux pas me faire de fausses idées bêtement, comprends que je ne suis pas très doué pour gérer ce genre de situation et au vu de la date, de notre lien, il me semble légitime de te demander de réfléchir à ce que tu souhaites. Tu es la personne qui m'a le plus apporté durant toutes ces années et je ne prendrai pas le risque de te perdre. Quoi qu'il m'en coûte. » Garder la vanne fermée, enfouir le souvenir de ce baisé dans une case, ne pas lui prêter plus de sentiments que cette profonde affection que l'on se portait tous les deux. Il était encore temps... Était-ce que je voulais ? Je n'étais pas sûr de ça... j'étais plutôt persuadé que si je devais remettre mon cœur entre les mains d'une femme, alors ce ne pouvait être qu'elle. Douce et intrépide Hécate... Je m'étais accordé d'approcher à quelques dizaines de centimètres d'elle. Subir son courroux ou recueillir ses doutes, essuyer ses larmes ou apprécier son étreinte... peu importe ce qui m'attendait, j'assumerai à défaut d'avoir pu assumer quelques heures plus tôt.
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 Sujet: Re: Dame de coeur, Roi de pique   Lun 5 Fév 2018 - 23:22

La Reine et le Cavalier

avec @Zorhan Eight

Ses doigts tapotèrent son avant bras alors qu’elle encaissait la réponse de Zorhan. Voilà. Elle la sentait. Une colère organique comme seul l’homme posté devant elle semblait pouvoir provoquer. Son regard fut attiré par le bocal renfermant ses précieuses graines. Un calmant, en ce moment, c’est tout ce qu’il lui fallait. Retourner dans les bras de Morphée, fuir cette dispute qu’elle sentait inévitable. Mais à trop vouloir s’y oublier elle finirait plus calme qu’elle ne l’avait jamais été et ses neurones fondraient comme neige au soleil. Elle s’obligea à se concentrer sur Zorhan, moins gênée à mesure que la moutarde lui montait au nez.

Bien qu’elle doive reconnaître qu’entendre ces mots sortir de la bouche de l’intendant la surprenait -et même plus que ses mots, le simple fait de s’ouvrir à elle-, Hécate se força à rester impassible. Jouait-il au berger pacifique tentant de ramener par la douceur de sa voix la brebis égarée ? Machinalement obligée d’occuper ses mains, l’herboriste se dirigea vers un vieux thermos en inox récupéré. Les habitants de Steros n’avaient que peu de moyens pour se chauffer et la plupart utilisaient des morceaux de tôles sombres par dessus des récipients ; se servant de la lumière intense du soleil dans la journée pour ébouillanter l’eau. Il n’y avait guère que la cuisine pour avoir son propre poêle alimenté en continu.

A sa grande surprise il reprit la parole et Hécate se posa dos à la table, les mains posées sur le rebord, observant d’un œil nouveau cet homme qu’elle n’avait jamais vu aligner plus de trois phrases brèves et claires. Et il n’y eut rien de bref dans ses propos. Rien de claire non plus. Il mélangeait leur passé, leur présent, ne leur offrant aucun avenir que la redite d’un ancien quotidien impossible. C’était donc ainsi qu’il la voyait. Femme perdue, veuve esseulée qui, huit ans après cette terrible nuit était sortie pour commémorer la mort de son époux violemment décédé. Elle sentit une lame sombre fouiller ses entrailles. Pensait-il qu’elle avait attendu de lui un peu de pitié à partager ? Que sa peine aurait atténuée la sienne ? La comprenait-il si mal ? Souvenir heureux qu’elle avait dit… heureux… Ses doigts agrippèrent plus fortement le bois, faisant blanchir ses jointures.

Alors il s’ouvrit. Déversant sur elle sa souffrance comme pour lui démontrer la valeur qu’elle avait à ses yeux. Livrant en pâture ses fantômes à l’avidité qu’il lui prêtait. Elle voulut lui dire d’arrêter, mais ses lèvres été scellées. Hécate ferma les yeux, acceptant d’absorber le courage dont faisait preuve Zorhan en exprimant enfin le fond de sa pensée, et celle que beaucoup partageait en silence. L’audace prenait bien des formes, et quoi que l’intendant de Steros puisse penser de lui, jamais n’était lâche celui capable de s’affronter chaque jour dans son entièreté. Mais il lui faisait mal, terriblement mal par la même occasion. Diamétralement opposés ils s’attiraient, mais à se toucher de trop près, ils se consumaient.

Et les ténèbres de l’un mangeaient la lumière de l’autre.

Il s’approcha, contourna lentement le lit pour venir se placer face à Hécate et elle le toisa de la plus grande des retenues dont elle était encore capable. Osant à peine respirer. S’il semblait avoir oublié leur rapprochement, Hécate pouvait encore sentir son souffle à l’appel du sien, aussi brûlant que furent ses mots quand elle lui répondit.

« Tu crois que j’ai guéri ? Que je ne vois pas Kamar à chaque fois qu’un oiseau perce le silence ? Ta blessure est aussi béante que la mienne Zorhan … mais contrairement à toi j’accepte de la montrer, j’assume ce qu’elle a fait de moi. Je ne la laisse pas pourrir à l’intérieur. »
Elle le poussait, exprès. Loin dans ses retranchements, loin de sa zone de confort. Parce que quelque soit les preuves qu’il lui demandait, la seule qu’elle pouvait lui donner était de s’accrocher à lui.

« De réfléchir à ce que je souhaite ? » elle porta la main à son front, riant presque malgré elle. Zorhan … Zorhan… mais où avais-tu le cœur ? Elle fouilla son regard. Il était sérieux.

« Je n’sais pas Zorhan. Je ne sais pas ce que je souhaite. Tu l’sais toi ? Tu me demandes vraiment d’expliquer des sentiments ? » Elle eut un sourire triste, se rapprochant un peu plus de l’homme qui faisait vibrer chaque cellule de son corps, le bon, comme le mauvais. Elle osa un doigt contre sa joue rugueuse.
« Tu me demandes d’expliquer ce lien entre nous depuis huit ans ? Tu attends de moi que je te sorte un foutu argumentaire de recrue arrivant à Steros ? » Son doigts glissa de son visage et elle se retourna. Sa douleur, elle pouvait la ressentir à travers le mince espace qui les séparait. Celle qu’il avait enfouit pour n’être que cet opérateur à la solde d’un lieu, un chien de garde. Avait-elle vu plus ? Y avait-il plus ? Elle le saurait bientôt.

Ses doigts frôlèrent le métal de la tôle sombre avant d’attraper deux bols qu’elle remplit du liquide encore fumant venant du thermos. Ajoutant une décoction de sa fabrication, elle n’attendit pas avant de caler le bol encore brûlant dans les mains de l’intendant de Steros. Petite vengeance qui, au vu de son statut militaire l’obligerait à garder le mur de glace qu’il savait si savamment se composer. Si ça pouvait le faire fondre un peu.

« Bois » lui ordonna t-elle avec la fermeté d’un médecin avant d’attraper le sien et de contourner de nouveau Zorhan pour s’asseoir sur le lit. Une distance de sécurité, qu’elle semblait incapable de réduire trop longtemps. Elle prit un air las, ramassant l’une de ses jambes sous elle.

« Tu as sans doute raison. Tu n’es pas prêt à être l’homme que je cherche en toi… »
Elle le vit porter le breuvage à ses lèvres et ses yeux brillèrent d’un éclat malicieux, un rien sorcière. Oh elle pouvait être douce, mais Hécate pouvait également s’avérer d’une grande inventivité pour arriver à ses fins.

« Tu veux que rien ne change ? J’ai ajouté dans nos bols quelque chose qui devrait nous faire oublier les dernières heures. Ce sera comme si rien ne s’était passé. Et tout redeviendra comme avant. »

Bluff ou non ? Hécate avait acquis au fil des années une réputation qui rendait ses propos tout à fait crédibles.

Les ténèbres ne se trouvent pas toujours du côté auquel on songe, et la lumière du doute et de l’honnêteté pas toujours dans la blondeur apparente d’un ange. Elle porta le bol à ses lèvres.



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 Sujet: Re: Dame de coeur, Roi de pique   Mar 6 Fév 2018 - 10:55

Dame de cœur, Roi de pique
Sans être un fin limier, je devinai la colère d'Hécate avant même qu'elle ne s'accord à m'adresser la parole. La guérison n'était pas une possibilité selon elle. Il fallait apprendre à vivre avec ces drames qui nous hantaient. La douleur de la perte. La valeur des souvenirs qui, peu à peu, tendent à s'étioler en un tissu qui s'effile avec le temps qui passe. Une boule amère qui me brûle... Je n'arrivais pas à accepter ça. À accepter que ces douleurs doivent faire partie de moi. Hécate y parvenait... assumait ce passé douloureux. Je préférais le fuir. Tenter de le changer en m'assurant que plus jamais il ne se reproduise. Enfermé dans ce camp, je m'assurais de ne plus jamais avoir à porter la responsabilité de la mort de ceux que j'aime. La liste de ces personnes s'était drastiquement réduite... Et je ne m'attachais plus autant qu'avant. Comptant les personnes à qui je tenais le plus sur les doigts d'une main. J'avais peur, si peur, que je savais pertinemment passer à côté de relations fortes et bénéfiques. Chaque moment heureux de ma vie avait été terni par un drame ou une profonde déception. Je m'étais fait une raison. Voilà tout... Tant pis si cela pouvait me faire passer pour l'aigri de service ou pour un bloc de glace sans émotions ni sentiments. Ça ne comptait pas à mes yeux. Ce qui comptait, c'était d'arrêter les frais.

Là où je cherchais alors des explications, de la rationalité et de l'équilibre, Hécate pesta qu'elle ne pouvait pas savoir ce qu'elle souhaitait, que ses sentiments ne sauraient être expliqués. Que ce qu'il y avait entre nous ne pouvait être expliqué. Je compris à travers ses yeux que si elle ne pouvait pas l'expliquer, c'était parce que tout ceci se passait de mots. Un terrain incertain de suppositions et d'hypothèses. Un saut dans le vide à espérer que l'autre sera là pour nous rattraper. Cela suffit à me donner le vertige. Si c'était ça que d'aimer une personne, alors c'était complètement stupide et imprudent. Le risque... ce devait être alors un des ingrédients de ce sentiment pourtant aussi fort que fragile. Son doigt vint se poser sur ma joue, s'étant approchée de moi. Je ne parvenais pas à lui en vouloir. Je n'arrivais pas à ressentir de colère à cet instant où nous étions si proches alors que quelques minutes avant, la colère m'empêchait d'avancer. Là-haut, ça se bousculait pour savoir quelle émotion allait mener la danse...

Son doigt s'échappa sans que je n'ai le courage de le retenir, pourtant poussé par une impulsion venue de nulle part. Une envie, un sursaut. Ses mots me laissèrent silencieux, pensif. En chaque situation il y avait une leçon à trouver, et je cherchais celle que je pourrais tirer de cette conversation avant que celle-ci ne se termine. Car même si nous n'avions pas un échange agréable, il restait plaisant tant qu'il était ponctué du son de sa voix et de sa présence. Je ne voulais pas repartir sans savoir, sans comprendre, et passer à côté de quelque chose. Elle bricola un breuvage dont elle me mit un récipient encore chaud dans les mains. Je cillai à la chaleur du bols, sans pour autant le lâcher ou le poser ailleurs. Hécate me demanda de le boire. Ne voulant me brûler, je m'accordai d'attendre un peu avant de m'y risquer.

Alors qu'elle vint s'asseoir sur le lit, je me tournai pour la garder en vue. Détaillant ses traits et son accoutrement. Hécate avait cette douceur peinte sur le visage, cette candeur qui laissait place à la volupté de ses courbes gracieuses. Un mélange de force et de délicatesse. « Tu as sans doute raison. Tu n’es pas prêt à être l’homme que je cherche en toi… » Une claque en plein visage. De celles qui vous font tomber au sol. Non, je n'étais sans doute pas cet homme. Le serai-je un jour si elle s'obstinait à ne pas parvenir à me l'expliquer ? Helion et l'extérieur avaient bien des différences. Et mon éducation militaire faisait de moi un produit encore plus dépendant des préceptes du dôme. Un milicien devait être bête et discipliné. On lui donne des ordres et des consignes précises, claires, n'acceptant pas les nuances. Ici, c'était différent. Avec les autres, c'était différent. Avec Hécate, c'était différent. Elle se laissait guider par ses envies, ses aspirations, son instinct... « Tu veux que rien ne change ? J’ai ajouté dans nos bols quelque chose qui devrait nous faire oublier les dernières heures. Ce sera comme si rien ne s’était passé. Et tout redeviendra comme avant. » Je fronçai les sourcils, fixant le bol que je m'apprêtais à boire. Je le baissai, me demandant un instant ce que me disait mon instinct à moi. Je l'avais abandonné au poste de garde que j'avais quitté dix ans plus tôt. Délaissé pour ne plus me fier qu'au concret, qu'aux valeurs sûres et calculées...

Un soupir. Je posai le bol sur le support le plus proche et volai celui d'Hécate qui approchait dangereusement ses lèvres. Posté debout face à elle, je l'empêchais de pouvoir récupérer ce maudit bol et même de se relever. « Tu ne me feras pas oublier. Ni les heures précédentes, ni celles à venir. Ne font-elles pas partie de nous ? » Repris-je en faisant écho à ses mots. Une main posée sur sa joue, l'autre sur son épaule, prête à passer par-dessus pour nous réceptionner sur le lit, je l'incitai à se pencher en arrière, déposant mes lèvres sur les siennes avec bien plus de tendresse que je n'avais jamais su témoigner. Bras tendu sur le lit, l'autre caressant sa joue, descendant le long de son cou, je savourai la délicatesse de sa peau soyeuse et son odeur suave, enivrante et apaisante. Détachant mes lèvres des siennes, je la surplombais, l'emprisonnais. Mes yeux voguaient entre les siens. Je n'étais pas sûr de moi et ce malgré l'assurance de mes gestes. Je me gardai de lui demander si elle était d'accord avec ça, si elle ne préférait pas oublier justement. Mon choix était fait, mais je ne voulais pas choisir pour elle. Voyant que je me perdais à nouveau dans des réflexions qui dépassaient de loin l'instant présent, je me résignai à ne plus penser qu'aux sensations qu'elle me procurait, me convainquant que si jamais ça n'était pas ce qu'elle souhaitait, Hécate saurait me le faire savoir.

Un 50/50. Un aléatoire dépendant de la volonté de l'autre. Échappant totalement à mon contrôle. J'acceptais de jouer le jeu, au risque inconsidéré de la perdre. Ce dont je ne me remettrais certainement pas... mais peut-être que ça m'aidera à accepter, à assumer. Quitte à perdre tout ce que j'avais réussi à construire, tout ce que j'avais fait pour ne pas rester à me morfondre dans la culpabilité et les regrets. Jamais je n'avais pris de décision aussi inconsciente... Mais au fond de moi, je sentais cette chaleur qu'elle m'inspirait, cette volonté de caresser sa peau diaphane, de la regarder des heures durant et laisser s'échapper le temps pour ne plus être qu'avec elle. Hécate... Cette affection que l'on se portait, a-t-elle toujours caché ces sentiments que je gardais enfouis ? Cette passion silencieuse prête à me consumer de l'intérieur ? J'avais beau être terrifié, je m'imprégnais de cet instant comme si c'était le dernier.
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 Sujet: Re: Dame de coeur, Roi de pique   Dim 11 Fév 2018 - 14:21

La Reine et le Cavalier

avec @Zorhan Eight

Son regard ne trompait pas. Elle le sentait brûler, percer rétine et paupière jusqu’à l’atteindre de ses rayons azurs. Hécate avait toujours senti ces choses là. Peut-être parce qu’elle venait de l’Extérieur. Pas qu’on y apprenait la mort bien plus tôt non. Mais parce qu’on y apprenait à vivre. Elle imaginait qu’au dôme, on pouvait avoir vécu cinquante ans dans l’insignifiance, l’inutilité et le gâchis. A l’Extérieur dans le meilleur comme dans le pire des cas, on se révélait. Par la force des choses on devenait quelqu’un. Quelqu’un qui compte. Pour soi. Et pour les autres. Et à l’ombre de ce masque de fer, de ce désir qu’elle pouvait lire en lui sous le vernis, elle comptait.

Mais il se retenait. Encore. Alors elle fut cruelle par les mots, obstinée jusque dans les gestes. Et son bol lui fut arraché avant qu’elle ne puisse y tremper les lèvres. Dommage, un mélange de sauge et de verveine lui aurait fait le plus grand bien. Un cocktail aussi inoffensif qu’un chaton sans griffe, mais qui avait feulé suffisamment fort pour faire son effet. Elle releva la tête vers Zorhan, un air à mi chemin entre une fin de colère provocatrice et un début de … de quoi ?

Sa main se posa sur sa joue, réelle, presque sûre. Un frisson glissa le long de sa colonne vertébrale jusqu’à se loger dans le bas de ses reins. Jamais il n’avait eu un geste aussi intime. Le bras, l’épaule, la main, c’était bien les seules parties de leur corps qu’ils s’autorisaient tout deux à s’échanger. Mais leurs regards, leurs sourires, leurs mots n’avaient-ils pas déjà traversé depuis longtemps leur carapace de mortel ? Elle eut un début de sourire en coin à ses mots, et ses yeux clairs chassèrent les derniers nuages. Il leur offrait un avenir. Au moins pour quelques heures.

Comme le premier fut pris à l’arraché, le second baiser prit son temps. Se respirant l’âme et le cœur d’un peu plus près. Scellant un aveu du bord des lèvres. Elle se plia à ses caresses, laissant son doigt creuser son cou, découvrir ce qu’il n’avait pu qu’imaginer. Sa tête blonde posée sur les draps, le visage et la carrure de Zorhan l’enveloppaient, éclipsait la lune derrière lui. Il se redressa lentement, une main de chacun côté de ses joues échauffées. Ce n’était pas vraiment de l’hésitation qu’elle lisait dans son regard. Non. Ses traits s’étaient détendus, sa bouche mangée par une barbe sombre s’était entrouverte et ses yeux, ses yeux… son cœur rata un battement. Il l’attendait. Pendant un quart de seconde elle ne comprit pas… après tout, c’était elle qui l’avait poussé à s’ouvrir, elle qui l’avait embrassé, elle qui pensait avoir été plus que claire sur ses intentions. Hécate gigota sous lui, attrapant doucement les poignets de Zorhan pour hisser ses deux jambes repliées sur le lit et se positionner bien face à lui, toujours sur le dos. Ses doigts remontèrent lentement le long de ses bras, appréciant les muscles sous le vêtement fin. Ses mots lui revinrent « réfléchir à ce que tu souhaites… », son rêve avant l’arrivée de Zorhan. Hécate avait toujours été du genre instinctive, foncer et se poser les questions après. Et dans ce corps à cœur, la question était simple. Etait-elle prête à laisser un autre homme entrer dans sa vie ? Car quoi qu’ils en disent, et bien qu’en considérant la nature forte de leur première rencontre, ils n’avaient jamais vécu que côte à côte, en parallèle. Hécate se laissa une seconde. Une seule. Et ses mains remontèrent sur le torse du Sterosien, agrippant fermement le tissu pour l’attirer à elle, le forçant à réduire la distance de ses bras entre eux pour l’accueillir entre ses jambes remontées. Scellant d’un serment ses lèvres aux siennes de nouveau. Sa main remonta dans ses cheveux, appréciant l’étreinte et le poids de son corps sur le sien. Du plus profond qu’Hécate le comprenait, elle savait que Zorhan ne se contenterait pas d’un corps, que par ses mots, elle devait trouver le moyen de s’ouvrir à lui comme il l’avait fait. Après l’avoir fait tanguer sur le fil du rasoir elle se devait de l’assurer, de protéger le sentiment fragile qu’il venait de lui offrir. Par sa remarque cinglante, Hécate était consciente de lui avoir imposé un cap comme un ultimatum. Ses doigts longèrent ses mâchoires pour se perdre dans sa barbe, calant son visage à deux souffles du sien.

« Avant ce soir, je n’avais jamais pensé à toi de cette façon… » Elle se mordit la lèvre, presque gênée de devoir s’expliquer de la sorte. Mais il fallait qu’il comprenne. Le fait qu’il l’ait sauvé, qu’ils s’attachent l’un à l’autre, n’avait jamais été emprunt de plus qu’un long sentiment d’attachement. Hécate avait été une femme de passion, avec Kamar. Jeune aussi. Rendue fougueuse par la découverte d’un premier amour. Sa perte avait détruit à jamais cette femme là.

« J’avais besoin de me reconstruire, près et à la fois loin des hommes. Steros m’a offert cette convalescence. » Elle omit volontairement de le placer comme son sauveur. La cultivatrice ne voulait pas qu’il pense que c’était cette raison, comme une adoration malsaine, qui les avait conduit jusqu’ici.

« Aujourd’hui je sais enfin qui je suis devenue, et ce que je veux. » Son regard prit une teinte profonde alors qu’elle respirait lentement, calmant le sang qu’elle sentait battre à ses tempes.

« Et ce que je sais, c’est que je ne peux plus me lever le matin sans espérer te croiser. Ce que je veux, c’est que tu puisses te voir à travers mes yeux. Car quoi que j’ai pu dire ou quoi que tu en penses, tu es l’homme que j’aime, tel que tu es. » Avalant sa salive elle ferma un instant les yeux comme si elle savourait les mots qu’elle venait de prononcer. Elle les rouvrit, un sourire incandescent sur le visage.

« Je t’aime Zorhan. »


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 Sujet: Re: Dame de coeur, Roi de pique   Lun 12 Fév 2018 - 22:44

Dame de cœur, Roi de pique
L'intensité de mon regard perçait le sien. Je ne sais dire si un seul jour dans ma vie, mes yeux avaient étaient aussi expressifs de cette passion qui m'envoûtait. De ces sentiments qui se bousculaient aux portes de mes songes. J'avais l'impression de redécouvrir chaque trait d'Hécate... De la voir comme elle était réellement et non plus comme cette femme à qui j'avais silencieusement fait la promesse de toujours protéger. Elle était plus, bien plus à mes yeux. Je le savais ça, depuis longtemps. Qu'au-delà de notre rencontre, elle était devenue une amie chère, si chère que le moindre jour passé sans la croiser était un jour perdu dans des méandres oubliés. À cet instant, plus rien n'avait d'importance. Il n'y avait qu'elle et ses yeux, sa douceur et ses lèvres. Son corps et le mien. Ma chaleur et la sienne. Nos deux âmes suspendue dans un autre plan. Dans un espace insoupçonné où ne s'y retrouvent que les âmes qui s'y abandonnent... Un plan où la raison se dérobe à la passion. Un plan dont j'avais toujours redouté l'existence. Je ne voulais pas m'abandonner, je ne voulais pas perdre le contrôle et me laisser aller. Je ne voulais pas risquer de ne plus être maître de moi-même. Je ne voulais pas prendre le risque de la blesser... Pas physiquement, bien sûr que non, mais intérieurement. Elle semblait sûre de ce qu'elle souhaitait sans pour autant être capable de nommer ce désir. Hécate avait en elle cette fougue et cette passion qui animait chacun de ses combats, chacun de ses actes. Bien que les affres de la vie puissent avoir provoqué le mutisme de cette part d'elle-même, Hécate m'avait prouvé que cette force sommeillait toujours au fond de son âme. Elle avait une fois intarissable en ce en quoi elle croyait. Et à cet instant, cette femme croyait en moi ; en nous...

L’entrelacement de nos souffles m'enivrait d'un plaisir frêle et timide, comme une nappe venant se déposer sur ma peau, la faisant frémir. Frayant son chemin sous mon emprise, elle vint saisir mes poignets ancrés dans le matelas pour se hisser jusqu'à ma hauteur. Ses doigts longeant mes bras me firent frissonner. Sa poigne enserrant mon vêtement et vint m'attirer vers elle. Je ne luttai pas, acceptant l'invitation avec indécence. Chacune de ses caresses appelait à l'abandon à ces idées qui venaient me flouer l'esprit. À ces envies dont je n'étais pas sûr de pouvoir freiner l'expression. Un coude encore appuyé pour ne pas l'écraser, je parcourais ses courbes de ma main libre. Laissant glisser une mèche de ses cheveux le long de sa joue et vagabonder mes doigts le long de son cou jusqu'à la naissance de sa poitrine voluptueuse. Ma respiration restait mesurée, mais je sentais mon cœur frapper comme s'il ne s'était jamais senti aussi vivant.

Nos yeux s'entremêlèrent avec une sensualité pudique. Un silence suspendu dans les airs, elle me confia ne jamais avoir pensé à moi de la sorte auparavant. J'ignorais si cela me rassurait, mais j'aurais tout loisir d'y réfléchir lorsque j'aurais remis les pieds sur Terre. Pour l'heure, je me noyais dans son regard sans parvenir à remonter à la surface. Mes caresses remontèrent vers son épaule pour grimper le long de son bras alors que mon autre main entortillait ses longues mèches blondes. Bien que ma concentration était biaisée par notre proximité et les sentiments que tout ceci soulevait, j'écoutais ses confidences avec une attention assidue. Si aujourd'hui Hécate était sûre de qui elle était et de ce qu'elle voulait, au moins cela me rendait confiant quant à la façon dont elle pourrait nous percevoir après ce soir. Après cette nuit... Je craignais qu'elle ne cherche en mes bras qu'une sensation illusoire, qu'un rêve à partager, éphémère et volage. Mais quoi qu'il advienne, je savais pertinemment que j'encaisserai... avec douleur, une douleur sûrement inimaginable. Cependant, je le ferai... car si ce bonheur qu'elle cherchait à mes côtés n'était qu'une aspiration volage, je ne me sentirais pas de la forcer à reconsidérer les choses, à revoir sa position en lui jetant au visage qu'elle aurait dû réfléchir aux conséquences, à l'avenir. La seule chose que je voulais, c'était qu'Hécate puisse être heureuse. Elle était parvenue à se reconstruire, certes, mais ce qui m'importait était qu'elle retrouve la joie de vivre, cette flamme qui la fait vibrer.

Quelles que pouvaient être mes appréhensions, je ne les laissais pas s'emparer de cet instant comme je l'avais fait plus tôt. Cette fois, je ne me défilerai pas. Il en était hors de question. Sa respiration se faisait plus lente, plus mesurée. Je maintins mes yeux dans les siens, y décelant cette intensité qui la rendait si désirable. Ses mots s'enchaînèrent à une vitesse croissante me réchauffant le cœur comme si elle venait d'y provoquer un incendie. Mon souffle se coupa à sa déclaration. « Je t’aime Zorhan. » Sa voix, sa douceur, sa chaleur, son sourire, ses yeux... Figé, j’imprégnais toute mon âme de cet instant. Si j'étais resté en pleine possession de mes moyens, je l'aurais éloignée, je l'aurais rejetée le plus délicatement possible en ce genre de situation - donc pas sans mal... inévitablement - j'aurais tenté de la résonner et de lui expliquer que je ne pouvais pas être à ses côtés, que nous ne pouvions être deux âmes si liées. Tout ça pour cacher ma peur de devenir si important à ses yeux que me perdre l'anéantirait une nouvelle fois... Mais je ne me défilai pas. Par je ne sais quelle idiotie, je répondis à son sourire et m'approchai de ses lèvres. « Et tu es la seule femme que je laisserai m'aimer Hécate, la seule femme que je veux risquer d'aimer quitte à en être entièrement consumé », susurrai-je avant d'atteindre ses lèvres et de l'embrasser avec une passion partagée. Ma main droite vint glisser jusqu'à sa jambe alors que je me rapprochais de son corps, sentant sur mon torse sa poitrine. Je laissais l'excitation monter en moi, faire se contracter chacun de mes muscles et s'affoler mon cœur, savourant de mes mains les courbes d'Hécate dont la lascivité me rendait fou de ce désir qu'elle faisait monter en moi. Je me sentais ivre de ce sentiment qui me dominait et que je n'essayais pas de contrôler. Mesurant toutefois mes gestes pour mêler à cet instinct primaire une sensualité ensorcelante.
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 Sujet: Re: Dame de coeur, Roi de pique   Hier à 14:55

La Reine et le Cavalier

avec @Zorhan Eight

Intuitifs, naturels, leurs gestes, comme un miroir, se cherchaient et se trouvaient sans effort. A son doigté le corps d’Hécate répondait, elle le sentait s’embraser, tenter sans pudeur de retenir ce contact charnel entre elle et lui. La blondeur de ses cheveux chatouilla son visage alors que les doigts de Zorhan y peignèrent un sillon, descendant jusqu’à la naissance de ses seins. Gonflée de désir capturé dans sa fine prison de coton, sa gorge pulpeuse se souleva sous l’effet de l’envie qu’il provoquait en elle, l’intimant à continuer son parcours langoureux. Ressentir ce feu longtemps éteint se réanimer dans son bas ventre la laissait frissonnante d’obscures chaleurs. Trop longtemps oublié, elles demandaient à crépiter avec violence. A s’exprimer à s’en froisser la peau et se consumer les sens. Mais leurs regards, encore emplis de pudeur la contenaient. Après s’être vus, parlés, épaulés pendant huit ans, une amitié douce et solide s’était tissée. S’il ne s’agissait pas de la rompre, l’amour qu’ils se révélaient à présent impliquait une passion qu’ils n’avaient jamais vue en l’autre. Quelque chose sur laquelle ni Zorhan du haut de son self control, ni Hécate malgré sa profonde empathie n’avaient d’emprise.

La jeune cultivatrice avait cependant retenu la leçon de leur premier baiser. Trop brutal, trop fugace, comme volé par peur des représailles. Savoir savourer et faire durer l’instant. Elle voulait prendre le temps de le parcourir, de le découvrir, encore et encore. Le souvenir flou de sa première découverte de Steros, six mois après le massacre de son clan lui revint en mémoire. Elle avait sillonné les rues comme elle parcourait aujourd’hui ce corps. Le connaissant. Sachant qu’il était son refuge. Mais sans y avoir réellement laissé flâner son coeur. Elle avait appris chaque carrefour, comme son doigt glissait à présent à la commissure de son épaule et son torse, y insérant sa main pour repousser la veste de Zorhan au sol puis sa chemise. Elle avait humé l’air comme elle aspirait sa peau, se gavant de son odeur jusqu’à la faire sienne. Un parfum musqué, gorgé de puissance masculine. Aucun endroit ne lui avait fait cet effet là. Non… aucun endroit que cet homme là.

Après sa déclaration et alors que son corps moite appelait à tomber dans l’ivresse charnelle, Hécate resta suspendu aux lèvres de l’homme brun. En voulant le rassurer elle s’était exposée, vulnérable. Et s’il décidait de la laisser là, misérable de corps et de cœur ? Elle le connaissait après tout… les émotions, il les fuyait comme la peste. Les confidences … on avait bien vu ce que donnaient ces moments là… L’espace d’une seconde Hécate sentit le chemin dangereux qu’elle craignait, se peindre sur l’expression figée de Zorhan. Y pensait-il à l’instant ? Si son sourire ne se fana pas, elle ne put garder le souffle calme qu’elle s’était appliquée à maintenir. Saccadée, incapable de tenir un rythme, sa respiration choisissait la syncope à la blanche à deux temps. Quand les mots franchirent enfin les lèvres de son amant, Hécate accueillit avec un soupir sa bouche de la sienne, avalant ses paroles de peur qu’elles ne s’envolent. Son sourire solaire irradia dans la fraicheur nocturne alors qu’elle lui glissait à l’oreille.

« Je ne te réduirais pas en cendres Zorhan. Je vais te rendre plus fort. » laissant marche après marche grimper son désir, Hécate autorisa sa langue à glisser le long du lobe de son compagnon, le titillant de ses incisives jusqu’à laisser trainer ses lèvres à la commissure de sa peau.

« Puisses-tu ne jamais oublier que je crois en toi. »
Son souffle descendit sa mâchoire. Elle ne le laisserait pas s’inquiéter d’avantage encore pour elle. Elle voulait qu’il se surpasse, qu’il gorge de cet amour son cœur, ses poumons, ses muscles qu’elle forçait à présent de ses mains. Et elle était prête à se donner corps et âme pour cela.

L’idée saugrenue lui traversa l’esprit qu’elle ne savait peut-être plus s’y prendre. Mais alors que la main de Zorhan remontait sa cuisse, ne donnant plus à sa robe légère que l’allure d’un haut de trop elle posa sa main sur la sienne, le guidant d’une poussée sensuelle le long de ses courbes, soulevant ses reins jusqu’à passer le vêtement par dessus sa tête. Mise à nue, un simple et dernier vêtement de coton protégeant encore son intimité, un frisson d’excitation et de fraicheur la traversa alors qu’elle sentait au creux de son corps le désir de son amant grandir et son bassin lui répondre instinctivement en se mouvant tout contre lui.

Elle eut cependant un geste presque brusque, trop rapide en tout cas pour être innocent et ramena ses cheveux sur son épaule droite. Par un reste de honte, et sentant le regard altéré d’envie de Zorhan sur son corps, elle tenta de cacher cette faiblesse physique qui la rendrait à coup sûr moins désirable à ses yeux. Même s’il était de notoriété publique qu’Hécate avait un bras droit plus faible qui l’handicapait fortement pour les charges lourdes, peu cependant en connaissait la cause et la trace laissée au fer rouge dans sa chair. Après tout, nombreux été ceux à porter sur le corps les stigmates d’une vie qui n’avait rien de rose. Pourtant, dans un dernier élan d’humilité et malgré sa tenue, la jeune Eve, par réflexe, préféra cacher cette cicatrice d’un blanc nacré qui lui parcourait la peau de la base de la clavicule à l’épaule en trois branches arachnoïdes. D’aussi loin qu’elle se rappelait elle l’avait toujours eu. Son clan adoptif lui avait expliqué l’avoir retrouvé ainsi, nourrisson ensanglanté, la taille d’une lance à trois faces déchirant son épaule droite.
Alors que ses lèvres revinrent taquiner celles de Zorhan en une valse lascive, la jeune blonde se releva à demi pour pouvoir atteindre de ses mains la boucle de sa ceinture. Elle le voulait. D’égal à égal.



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 Sujet: Re: Dame de coeur, Roi de pique   Aujourd'hui à 20:56

Dame de cœur, Roi de pique
Douceur et passion. Danse enivrante offerte par sa lascivité consentante. Une saveur dont j'admettais à chacun de mes sens de se délecter tel le plus pur des présent, la plus sacrée des offrandes. Des frissons me parcouraient à m'en faire frémir l'échine d'un plaisir que jamais je n'aurais pu prétendre auparavant. Je n'étais pas un jouvenceau - ni un étalon - mais cette femme me faisait un effet qu'aucune autre n'avait su provoquer en moi. Une tumescence prédictible et pourtant surprenante. D'une intensité qui me hurlait de ne pas me laisser aller, de garder le contrôle, rester maître de moi-même : impossible. Avait-elle toujours eu ce pouvoir sur moi sans que je ne m'y laisse confondre ? Hécate était plus ensorcelante de bonté et de bienveillance que nul autre. Elle a toujours éveillé en moi une affection toute particulière. Idiot avais-je été de ne pas me rendre compte de ce que cette affection pouvait cacher... Ou peut-être que non, justement. Peut-être que le temps aura gagné en son cœur la place de ressentir ces sentiments que je ne pensais être ressentis que pour l'être Aimé, celui qui dominera jusqu'à notre âme. L'amour pour lequel on s'arracherait le cœur de la poitrine.

Je ne lui demandais pas cet amour, ni ne prétendais le lui offrir. Mais Hécate apparaissait à mes yeux comme l'inéluctable évidence : jamais je n'avais su ce qu'était l'amour. Trop renfermé, trop sur la défensive, trop réservé. Trop cadenassé dans cette éducation d'abandon et de milice... Hécate faisait ressortir ce qui faisait de moi un être humain. Elle me faisait m'accepter pour ce que j'étais, m'accordait cette confiance motrice de l'ambition et de l'optimisme. Je n'avais aucun doute à ses mots susurrés. Ses lèvres m'embrassant, voulant dévorer ce sentiment qui hypnotisait nos sens. Ma peau s'hérissait au passage de ses lèvres sur ma peau, frémissant au passage de ses doigts le long d'un trajet que je voulais infini. Ses appels provoquaient mes pulsions que j'essayais de mesurer. Appréciant le voyage qu'elle m'offrait, ne me lassant de dessiner le contour de ses courbes de mes mains sculptées par le labeur et les années de service. Je la désirais... la désirais de ton mon corps ; de toute mon âme. D'un caprice sensuel et sauvage à la fois.

Cultivant la convoitise que ses caresses m’insufflaient, je laissais mes yeux se perdre dans les siens, la dévorer et la savourer comme si elle était une perfection illuminant ma vue ; une créature rêvée, fantasmée et si lumineuse que je lui prêtais l'intensité de tous les astres, toutes les étoiles. L'élégance de sa danse me transportait et me confortait à en perdre le fil de mes pensées étouffées par la volupté de notre proximité. La beauté de cet instant éloignait mes regrets et mes craintes comme un balai repousserait la poussière. Je me redécouvrais à sa tendresse instinctive. Comme si tout ceci était une évidence. Peu à peu, nous nous abandonnions à ce qui faisait de nous un homme et une femme, abandonnant aux pieds du lit nos réserves. Mais pas nos complexes... Je n'avais qu'entre-aperçu sa cicatrice lorsque sa tunique la quitta, ne l'ayant pas distinguée comme une tare. Nous avions tous un corps traduisant notre passé et le sien me rendait plus curieux qu'autre chose. Loin d'en être révulsé, je fronçai légèrement les sourcils en lui accordant un sourire aguicheur en proie à la fascination qu'elle m'évoquait. Je lui cédai cette pudeur à l'apostrophe de ses lèvres venant aux miennes.

Chaque parcelle de mon corps me faisait comprendre que je la désirais... Hécate Vesper. Ce n'était pas une extase volage, un corps pouvant répondre à ma primitivité, mais bien elle qu'il appelait. Je passai une main dons son dos, l'une dans ses cheveux jusqu'à remonter le long de sa nuque d'un côté et descendre jusqu'au bas de son dos mis à nu de l'autre. Je me retenais de ne pas la serrer aussi fort que je la désirais. Ses doigts vinrent délasser la ceinture qui, depuis le début de notre valse, étouffait ma virilité bien plus que stimulée. Un soupir de plaisir, mes yeux ancrés dans les siens avec un sérieux qui s'éloignait pourtant de ces nombreuses fois où mon regard s'était fait sévère. Je l'embrassai à dévorer ses lèvres, l'abandonnant en l'incitant de gestes fermes à s'allonger. Mes lèvres descendirent des siennes à son cou, sa poitrine, ses tétons - s'y attardant à les provoquer à mon tour - avant de descendre sur son ventre. Mes mains voyageaient le long de ses courbes alors que je me nourrissais de son odeur apaisante et enivrante. Hécate en connaissait un rayon sur les plantes, sur certaines qui vous faisaient perdre la raison. Mais ceci était bien plus puissant que n'importe quel remède : ma perception était aussi mirifique que les visions d'un esprit sous psychotropes. L'envie qu'elle me donnait avait le pouvoir de me faire perdre mes repères... Plus rien d'autre que nous ne comptait.

Cette ivresse partagée était une folie qui avait tout d'attrayant. Écarté de la peur, des doutes, de la notion des conséquences que tout ceci aurait, je me prenais à ce jeu suave où chaque seconde se révélait être d'un délice charnel qu'il ne faudrait jamais condamner. Mes lèvres remontaient le chemin jusqu'aux siennes et mon corps se posait sur elle en épousant ses formes, se logeant entre ses jambes sans s'y frayer de chemin. La sentir ainsi contre moi laissait mon corps criard et noyé dans un désir qu'il m'était impossible de réprimer. Une intense exaltation qui me fit gémir de ce plaisir intense. Souffle logé dans le creux de son cou, se confondant aux signes de notre excitation partagée. « Tu me donnes le vertige, Hécate... » Échappai-je en murmure. J'avais l'impression de ne pas avoir le droit de la convoiter à ce point et pourtant, cela rendait cet écart d'autant plus électrisant de plaisir. « Je t'aime », lui laissai-je entendre en me mouvant le long de son corps. Sentant ses seins durcis et toute sa féminité s'exprimer dans cet échange cruellement sensuel. Je ne me demandais pas ce que j'avais le droit de faire ou ne pas faire, laissant ses gestes et ses soupirs mener la danse à laquelle je proposais les pas. Tout deux sur le même temps, dans la même mesure ; lascifs et acceptant de se faire dominer par un érotisme impertinent d'indolence. Ma main glissa jusqu'à sa taille avant de s'autoriser à descendre un peu plus bas, découvrant l'interdit de cette femme qui s'offrait à moi autant que je m'offrais à elle. L'embrassant en savourant l'harmonie de nos gestes, je devinais ses formes et ses atouts, risquant de m'y éterniser pour lui procurer un plaisir coupable. Laissant le désir que j'éprouvais pour Hécate me posséder entièrement...
☾ anesidora

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