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 (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne

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 Sujet: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Mar 13 Fév 2018 - 3:44



Four boards and twelve nails
You got a downtown fire, like a shot in the dark. You got a mad beamin' on you and a hot wide-eyed spark. I got a body of wonder and an emerald mind. I'm on a luminous heavy to put gold in my eyes. You got eyes so azure, you got blood orange skin. And are there's a spark in your centre that's piercing me in. I got a night-time shudder and a lion within. I got a brain-tricked hunger and you're pulling me in.

La perte. Un fardeau touchant bien trop d'êtres. Bien trop d'innocents. Si tant est que l'innocence n'ait pas encore définitivement quitté ce monde... Les pluies avaient cessé, Steros se relevait d'un long sommeil ; courbaturé et effaré face aux désastres. On avait ordonné aux survivants de se couvrir chaudement pour affronter le froid. Pourquoi ne donnaient-ils pas de lumières pour affronter l'obscurité ? L'austérité des lieux me laissait impassible. Ce qui ne manquait d'interloquer les regards croisant mon visage. J'assemblais les planches, frappais avec énergie pour les unir dans l'éternité. Frappais. Encore. Encore. « Sao... » Sa main retient la mienne tenant le marteau. Je fronce les sourcils en regardant ses doigts lier mon poignet avant de le fustiger du regard. « Sa-o-ryne, mon prénom c'est Sa-o-ryne », le repris-je pour la deux-centième fois. « Oui, oui. Sa-o-ryne. Pose ce marteau. On va aider à porter les corps. » D'un geste vif, je défis mon poignet de son étreinte et reculai de trois pas. Il soupira face à la négation qu'évoquait mon geste. « J'apporte les boîtes à l'entrée. C'est tout. Faire les boîtes, les amener. C'est tout », M'entêtai-je à répéter ses ordres précédents. Ça l'agaçait. Pourquoi ça l'agaçait ? Il abdiqua finalement dans un soupir et tourna les talons.

Aidée par d'autres survivants, je tractai les boîtes jusqu'à l'entrée. Certaines personnes avaient des coutumes particulières pour affronter la mort. Enfermer leurs proches dans ces boîtes et les enterrer. Prononcer quelques mots et signer la terre d'un signe. Je ne jugeais pas, au contraire, je trouvais en cette coutume une certaine beauté. Une beauté qui n'était pas de celle à vous décrocher un sourire, certes. Mais une beauté quand même. La mine renfrognée, retenant mon manteau pour éviter que le froid ne m'atteigne l'échine, j'attendais avec les autres porteurs. « Ils devraient être là », rouspétai-je. « Sois patiente... c'est pas évident pour tout le monde cette situation », déclara une voix féminine visiblement accablée par le drame qui avait secoué Steros. Je la targuai d'un regard noir. « Laisse-la tranquille Hykka. » Elle ronchonna des mots dans son écharpe en me tournant le dos. Je haussai les épaules, faisant abstraction de cette femme désagréable.

Enrobés de linges, les corps arrivèrent. Je voulus me dérober à la charge de les compacter dans les boîtes en bois. Mais une main m'arrêta. Cette même main qui avait arrêté le mouvement de mon marteau. Cette fois-ci, je me résignai. Une fois les boîtes et les corps placés, quelques personnes nous rejoignirent. Elles étaient en larmes ou la mine basse. J'étais juste agacée d'avoir à faire face à ça alors que ces gens ne comptaient pas pour moi. Ces types dans les boîtes. On me demandait d'être compatissante et de les pleurer. Je ne voyais pas l'intérêt. Pleurer ne ramenait pas les morts. Pour le coup, j'en savais quelque chose... On dut accompagner ces personnes jusqu'à l'endroit où les trous avaient été faits. Ce n'était pas très loin des remparts. Une dizaine de minutes à marcher. Les ruines d'un ancien bâtiment où différentes breloques étaient étalées au sol. Marque des morts laissés là au fil des années. Il y en avait beaucoup... J'avais l'impression de voir s'élever de la terre les auras de ces âmes perdues à jamais dans les entrailles de la terre... C'était horrifique et magnifique. Un trouble qui me coupa le souffle.

Boîtes enfouies, tas de terre lancés par les endeuillés, et une pelle me fut donnée. On rabattit la terre sur les boîtes pour les perdre à jamais. Devant y déposer quelques breloques ouvragées. Au lendemain, et d'autres fois, les survivants pourraient venir ici pour penser à leurs disparus. Qu'avais-je pour penser aux miens ? Les pelles retombèrent sur le chariot. On rentrait à la maison. Au loin, je jurais percevoir le soleil se coucher par delà le brouillard et les nuages opaques. Happée par l'horizon dissimulé, je restai de longues minutes à contempler cette austérité à m'imaginer la chaleur d'un soleil caresser mon visage. Mais à l'heure où les protecteurs fermaient les portes de Steros, il fallait rentrer. Je restais immobile, me contentant d'apporter aux environs leurs couleurs effacées par la noirceur du ciel et les pleurs des défunts. Sur mes joues restées froides et distantes face à tout ce qui s'était passé, deux larmes vinrent dessiner le sillon d'une peine qui ne m'appartenait pourtant guère...

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 Sujet: Re: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Mar 13 Fév 2018 - 23:53

Le grondement et les secousses d’une Terre irritée semblaient n’être plus qu’un sombre écho. La mort et la destruction avait élu domicile à Steros, amenant avec elle un froid mordant. Eagon en avait vécu des choses terribles, mais face à une telle catastrophe, il doutait d’avoir les reins assez solides pour remonter le moral des troupes. Steros n’avait pas résisté aux grondements de la Terre et le ciel soudainement assombri avait attristé bien des regards. La neige acide et le vent glacial qui s’était levé avaient contribué à apporter la mort aux portes du camp. Eagon était un homme solide, robuste, qui savait garder espoir et optimisme. Mais au fond, il craignait que tous ces évènements et ces pertes ne plongent Steros dans un état faible et vulnérable.

Il était hors de question que le bastion soit attaqué par un clan qui profiterait du deuil de la ville ou des conditions climatiques exceptionnelles. Il était hors de question de voir des citoyens dormir dehors pour cause des destructions massives de leurs habitations. Il était hors de question d’envoyer tous ces corps dans une fosse commune et de les oublier. Chaque habitant de Steros avait porté sa pierre à l’édifice et il était important de leur porter honneur. C’est pour cela qu’il avait pris soin, un peu à l’écart, d’élaborer plusieurs cercueils en bois, de toutes tailles. Le plus pénible restait la confection des petits cercueils. Ceux destinés pour les enfants. Il n’avait jamais été père, mais l’aurait souhaité. Au fond, il aurait voulu fonder une famille. Il le savait. Même si la raison lui avait contraint de refuser cette ambition à plusieurs reprises. Procréer dans un environnement hostile n’était pas raisonnable. Mais en même temps, il aurait souhaité former et éduquer un enfant. Il aurait souhaité transmettre l’amour et l’espoir d’un monde meilleur. Alors, l’homme qu’on appelait le « Bâtisseur », s’était rétracté sur ses apprentis. Ces jeunes qu’il formait avec entrain et fermeté, à redresser l’avenir de Steros.

Saoryne était l’une de ses élèves. Une jeune femme au potentiel certain, mais qui possédait également un caractère bien à elle. Il avait du mal à trouver la bonne direction avec elle. C’était un travail pénible, mais qui s’avérait parfois agrémenté de bons plaisirs. Bien qu’elle fasse parfois preuve d’un franc parlé qui lui déplaisait, il appréciait sa force de caractère. C’était en elle qu’il voyait le plus grand potentiel. Chaque élève mettait la main à la pâte. Les cercueils s’accumulaient, autant de corps ils devaient contenir.

Elle ne semblait pas vouloir l’écouter. Martelant sur ce bois tendre, la jeune femme s’enfermait dans son monde. Eagon la laissa tranquille, n’insistant pas. Tant qu’elle participait aux fonctions du camp, il ne ferait rien pour l’en dissuader. Au bout d’un temps, Eagon joua de ses bras noueux pour transporter les corps et les installer dans les cercueils. Il prenait le plus de recul possible, même si ces corps inertes le chamboulaient. Inconsciemment, il repensait à Graham, à ces cris effroyables qu’il avait entendus vers le lointain, sombres échos qui revenaient le hanter chaque nuit. C’était difficile de rester stoïque, mais pourtant, il ne bronchait pas.

Lentement dans une marche funèbre, les survivants accompagnèrent la charrette qui transportait les cercueils en bois, en dehors des remparts. Ce n’était pas bien loin et le sentier était accessible pour tous. Un endroit au calme, où se recueillir n’exigeait en rien un effort. C’était un moment important et même si Eagon ne connaissait pas la moitié des défunts, il était ému. Emu de savoir que la ville qu’il avait bâtie de ses propres mains, s’était effondrée.

Après quelques larmes versées de la part de ses concitoyens et un silence de plomb, les habitants de Steros rentrèrent au camp, doucement. Les portes se refermèrent derrière eux et le désastre du tremblement se dessinait dans la brume qui s’élevait du camp. Beaucoup de choses étaient à reconstruire. Eagon laissa échapper un lourd soupire en voyant le travail qu’ils avaient à faire.

Instinctivement, il porta sa main sur l’épaule de Saoryne. Comme si le naturel lui dictait de porter cette conduite. Bien plus grand qu’elle, il baissa les yeux pour lui accorder un regard attendrissant.

« Tu fais la dur Saoryne … mais il n’y a aucune honte à pleurer nos morts. Ces pertes me sont difficiles à accepter. Mais l’important c’est que Steros tienne debout. »

Il bomba le torse, puis plongea ses mains dans son lourd manteau.

« Avec le froid qui s’est imposé, cela va être compliqué de redresser tout ce qui a été touché … » il soupira lourdement.

Eagon n’était pas du genre a exprimer ses sentiments, mais on pouvait clairement entendre au son de sa voix, son dépit et sa désolation.

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 Sujet: Re: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Mer 14 Fév 2018 - 0:21



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Une grande inspiration. Le froid sembla me brûler l'œsophage alors que je décelais le tremblement de mes mains sous les gants abîmés par le labeur. Je me perdais dans mes pensées, dans le souvenir de Zelphyra... Était-elle bien abritée ? Avait-elle succombé ? Ça ne devait pas avoir d'importance. Ces corps non plus, ne devaient pas en avoir. Mourir. C'était le lot de tous. Il le fallait. Et malgré notre acharnement à vouloir survivre, il ne fallait pas oublier que ceux qui nous quittaient n'avaient plus à se battre. Chanceux. Mais pourquoi avais-je ce pincement au cœur ? Cette peine empathique qui me tordait les tripes à m'en donner la nausée ? Je me croyais seule, égarée dans mes songes et la contemplation de l'horizon. Mais je sentis un regard. Non, pas un regard. Ce n'étaient pas des yeux qui semblaient m'observer. Yeux écarquillés à ne plus pouvoir ciller, je sentais mon rythme cardiaque s'accélérer et la peur panique monter jusqu'à me paralyser les membres. Une main se pose sur mon épaule. Je sursaute et fais volte-face. « Eagon... » Prononçai-je une fois face à lui comme si ça m'avait demandé un effort de le reconnaître.

Il tentait de me rassurer, je le sentais bien. Mais dans mon dos je sentais également cette aura venir pour nous. Pour voler nos âmes. La peur se lisait dans mes yeux mais je ne parvenais à l'exprimer. Le bâtisseur paraissait mettre cette détresse soudaine sur le compte d'un masque que j'avais arboré pour paraître forte aux yeux des autres. Je me fichais des autres, de comment ils me percevaient. Je ne voulais pas partager leur chagrin, trop effrayée à l'idée que cela me force à affronter le mien... Redresser le camp. Réparer les dégâts causés par la catastrophe qui nous avait assaillit. Je me retournai vivement, cheveux virevoltant et m'entourant les épaules. Mes lèvres tremblaient - guère de froid - et mes yeux s'humidifiaient des larmes qui voulaient jaillir. « Ils sont tous là, sous nos pieds. Ils nous observent. Peuvent-ils vraiment mourir si on les enferme dans des boîtes et les plonge sous terre ? » Occultant ses préoccupations, je fixais les tombes comme si de chacune d'entre elle une âme s'apprêtait à jaillir pour nous dévorer le cœur. Une respiration haletante, poings fébrilement refermés aux ongles s'ancrant dans mes paumes. « N'ont-ils pas marre de nous voir reconstruire inlassablement ? N'attendent-ils pas sagement que nous nous effondrions nous aussi ? » De ces délires et visions d'horreurs étaient faits mes songes... On ne me caractérisait pas de folle pour rien... La peur me faisait voir des choses, de ces choses qui glacent le sang. Le sang. Ce carmin qui se projette en giclées brutales à chaque image envolée...

De pas millimétrés, je me recule, lentement, sagement. Jambes fébriles et poings toujours serrés. Je n'aimais pas cet endroit. Je n'aimais pas être confrontée à la mort. Là où je souhaitais rester indifférente car sachant la faible valeur que pouvait avoir une vie, je me heurtais au frémissement de mon palpitant. Incontrôlable peur qui m'oppressait le cœur, le serrant encore et encore à m'en fait mal. La brume s'échappait de ma bouche alors que je peinais à respirer. De ces crises de panique, j'en connaissais tous les rouages... Ce n'étaient que des impressions, des illusions. Je devais parvenir à me convaincre que ce n'étaient que des chimères, des hallucinations causées par mon esprit déficient. Mais la peur... la peur était si réelle... On pouvait très bien ne vivre qu'à travers de fausses images, de rêveries et d'entourage inventé. Cependant, dans ces lubies, ces mirages et contes que l'on s'inventait, que l'on vivait, les émotions que l'on ressentait, qui nous faisaient vibrer, restaient réelles. Autant que la terreur qui m'éprenait sur l'instant semblait me posséder sans que je ne parvienne à m'en détacher. Par chance, dans cette panique, je n'étais pas seule... « Eagon », l'interpellai-je en cherchant sa main d'une des miennes. Sa main rassurante, présente. De tout le camp, il était l'un des rares à pouvoir me toucher, l'un des rares que j'acceptais toucher. L'un des seuls à pouvoir me calmer...

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 Sujet: Re: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Mer 14 Fév 2018 - 12:35

Elle délirait complètement. Eagon arqua un sourcil interrogateur face aux propos incohérents de la jeune femme. Même si elle montrait une certaine froideur face au deuil, Saoryne paraissait bien plus affectée qu’elle ne le laissait paraître. Ils étaient morts, oui. Et leur disparition était une douleur que Steros devrait apprendre à surmonter. Le camp avait subi de lourds dommages tant matériels qu’émotionnels. Ils devraient tous apprendre à vivre avec. Personne n’avait dit que ce serait facile. Le Guide viendrait avec un beau discours pour remettre les choses en ordre. Eagon était convaincu qu’avec un peu de motivation, les habitants de Steros reprendront du poil de la bête. Ce n’était pas un froid crispant qui allait les freiner. Ni même quelques morts.

Mais les propos de sa jeune apprentie le préoccupaient. Saoryne n’était pas le genre de fille timide qui passait partout. Elle avait son tempérament et ses moments de folie. On l’appréciait ou pas, mais le jugement était une chose qu’Eagon n’acceptait pas. Il avait appris à vivre avec et savait qu’il était peut-être le seul à pouvoir la réconforter. Elle avait peur. Mais peur de quoi ? De la mort ? On finirait tous allongé dans ces cercueils, les yeux vides, la peau blême. Six pieds sous terre, c’était là que tous les êtres vivants finiraient. Le tout était de savoir quand. Eagon n’avait pas hâte de voir son heure arriver. Non, il avait encore beaucoup trop de projets en tête. Il préférait contempler la vie, plutôt que de pleurer la mort. Mais c’était un mal nécessaire, pour lui rappeler que chaque jour était une bénédiction et non un du. Oui, les survivants faisaient partis des chanceux. Pas des plus coriaces, juste des plus chanceux.

« Saoryne … qu’est-ce que tu racontes ? De qui parles-tu ? »

En avait-elle marre de tout reconstruire ? De frapper le marteau contre le bois ? Il pouvait le comprendre. Lui était passionné. Ca ne le dérangeait pas de remettre les pièces en place, repenser à une structure plus solide. Mais il pouvait comprendre que partir dans de nouveaux ouvrages n’était pas une source de motivation pour tout le monde. Mais Saoryne ne parlait pas de ça. Pas vraiment. S’il comprenait ses propos délurés, elle paraissait mentionner les morts. Ceux qui n’avaient plus à lutter contre les intempéries, ceux qui reposaient en paix, enfin.

Le froid mordant lui transperçait le visage de mille aiguilles. Rester là, sans bouger, était un réel supplice. Mais n’était-ce pas nécessaire, pour eux ? Pour ceux qui avaient péri sous le grondement d’une Terre enragée ? Bizarrement, Eagon repensait à Hélion. Au dôme. Avaient-ils ressenti la terrible secousse ? Et ses parents ? Qu’en était-il d’eux ? Il secoua la tête, puis reposa son regard calme et serein sur la jeune demoiselle.

« Tu fabules encore Saoryne … les morts sont morts. Ils appartiennent au passé maintenant et nous devons nous concentrer sur le futur du camp. Ce qui compte ce sont les vivants, ceux qui luttent pour la survie. Pour rendre ce monde meilleur, plus viable. Les épreuves que l’on traverse ne comptent pas, seul le résultat est important. »

Il fit quelques pas en avant, puis jeta un regard détaché sur les tombes en contrebas. La brume s’élevait, donnant à l’endroit une atmosphère étrange. Rassurante et à la fois pétrifiante.

« Leurs tombes ne sont là que pour nous rappeler qu’ils ont contribué à l’effort commun. Et que nous ne sommes pas plus importants qu’eux. On ne peut pas s’attarder sur notre passé, sinon comment pourrait-on avancer ? »

Cette dernière phrase il l’avait prononcé plus pour lui-même que pour Saoryne. Ses cauchemars, ses visions nocturnes, son passé … Eagon ne l’avait pas oublié. A l’intérieur il en souffrait, mais jamais il n’avait souhaité l’exprimer. Jamais il n’avait parlé de son passé, hormis quelques anecdotes sans grand intérêt. C’est là que le travail devait commencer. Apprendre à oublier son passé, pour aller de l’avant.

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 Sujet: Re: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Mer 14 Fév 2018 - 13:03



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Tout ce qui se trouvait autour de moi avait, un jour, fini par s'effondrer. Un cycle interminable qui ne trouverait sa fin qu'enfermer sous la terre ou éparpillé en cendres dans les airs. Je préférais être brûlée, quitte à choisir. Brûlée plutôt qu'enfermée jusqu'au dernier stade de la pourriture de mon corps. Je ne voulais pas revenir à la surface ni finir mes jours dans le noir d'une boîte en bois.

Certaines choses se finissaient pour le mieux ; je ne regrette pas un instant d'avoir pu m'échapper de ces bâtards. Je regrette toutefois le souvenir de ce visage si doux à mes yeux... Celui d'un frère et d'un guide. Je regrette ces sensations semblant parvenir d'une toute autre vie, d'une toute autre personne, où le dôme semblait être au-dessus de ma tête. Parfois, j'avais le sentiment d'avoir rêvé tout ça, que ça ne faisait en rien partie de moi, de mes souvenirs. M'étais-je approprié cette vie en dépit de pouvoir vivre la mienne lorsque durant toutes ces années j'étais restée captive ? Ma mémoire me jouait des tours, tout comme mes sens qui me faisait voir et sentir ce qui n'était pas. La voix d'Eagon résonnait comme un écho murmuré au loin. Je n'avais pas la notion de mes mots ni de l'enchaînement alambiqué de mes idées énoncées à haute voix. Perdue et bousculée, je tremblais sans pouvoir m'arrêter. Sa voix me revient, plus claire, plus nette. Comme s'il s'était frayé un chemin dans mes songes altérés. Ce qui compte, c'est de s'occuper des survivants. De ceux qui restent, qui sont encore en vie et luttent pour cette vie. Eagon évoquait un résultat, comme si la vie pouvait avoir un autre but que de voir demain se lever... Pourquoi ? Pourquoi faisions-nous ça ? Pourquoi persistions-nous à souffrir et endurer tout ceci ? En quoi est-ce que ça valait la peine ?

Se rappeler... Quelle dignité y avait-il à se remémorer ces pertes ? Ces échecs individuels et communs. Steros ne les avait sauvé que pour les laisser crever d'une autre manière. Loin d'être plus douce que s'ils s'étaient contentés de rester dehors à attendre la mort arriver. Mais je les comprenais... Je comprenais ces gens qui avaient peur de l'extérieur. Qui se réfugiaient auprès des autres pour ne pas finir par crever tout seul. J'avais peur, moi aussi. Loin d'avoir le courage de Zelphyra et de toutes ces personnes qui parviennent à se battre pour leur cause. Une cause qu'ils tentent tant bien que mal de s'expliquer en aidant les autres. Survivre pour aider plus faible à survivre. Tout ceci restait encore insensé... Eux, ils étaient morts. Point. La voix d'Eagon avait beau me maintenir à mi-chemin entre le délire et la réalité, je sentais mes jambes faiblir. « Pourquoi est-ce qu'on cherche à survivre, Eagon ? » Une question à laquelle il avait peut-être un réponse. Ou peut-être pas. Chacun avait ses propres raisons de vouloir survivre... Je n'en avais qu'une : la peur de mourir. Sans logique ni intérêt. Un simple obstacle que je ne parvenais à surmonter. Et pourtant... il m'arrivait d'en rêver ; de voir le noir éternel s'abattre sur mes paupières, ne plus jamais me relever...

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 Sujet: Re: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Mer 14 Fév 2018 - 23:22

Elle était en droit de se poser la question. Tout le monde se la posait. Peut-être que l’homme, avant de vivre sur une terre hostile, se posait la question suivante : « pourquoi est-ce que je vis ? Quel est le but de ma vie sur Terre ? ». Eagon n’était pas un érudit et encore moins un philosophe. Mais il avait sa propre idée sur la question. Elle pouvait plaire, comme déplaire. C’était un point de vue personnel propre à chacun. Le bâtisseur était incapable de lui donner une réponse claire et objective. Ce n’était pas comme répondre à un problème mathématique ou résoudre une équation dont la réponse ne pouvait être que juste ou fausse. Eagon préférait les maths aux questions existentielles. Même s’il n’avait aucune réponse véritable à donner au questionnement de Saoryne, il ne souhaitait pas la voir se morfondre dans des tergiversations inutiles. Elle se rongeait l’esprit inutilement et à force de se morfondre ainsi, elle finirait pas s’enliser dans le sol, à coup sûr.

Il pivota sur les talons de ses bottes crasseuses, puis considéra Saoryne pendant de longues secondes, d’un air presque solennel. Un air qui ne lui allait pas.

« C’est comme si tu me demandais, pourquoi la vie ? Il n’existe aucune bonne réponse à cette question. Tu es la seule à en connaître la véritable raison. La survie dépend de chacun de nous. Certains ont peur de mourir, d’autres veulent voir les choses changer. Pour ma part, la survie est importante, car je souhaite faire véhiculer mes valeurs auprès de mes enfants. Connaître le bonheur et voir que les choses peuvent encore changer. Je pense que la vie est un cadeau et qu’on doit profiter de ce passage sur Terre pour exploiter nos capacités, nos dons, notre relationnel aux autres. Je ne pense pas à survivre Saoryne, je pense à vivre. Tout simplement. »

Il avait déjà survécu. Envoyé en exil à Reiver pour courber l’échine sous un commandement strict et ridicule qui ne lui convenait pas. Envoyé à la mort avec ses camarades et voir son heure arriver dans l’œil d’un homme qu’il ne connaissait pas. L’abandon, la solitude et l’errance l’avaient doucement attiré dans une sombre folie. Le manque d’eau et de nourriture, avait fini par le mener au bord d’une mort certaine. Pourtant il s’était accroché à la vie. A chaque fois. Alors oui, il avait déjà survécu et il n’était pas question de revivre ces moments douloureux encore une fois. Eagon préférait vivre, voir le côté positif des choses. La nature pouvait se montrer cruelle, mais l’Homme était capable de se relever. Faire son deuil des êtres chers disparut et remonter la pente. Car la vie était précieuse, quoiqu’on en pense, quoiqu’on en dise.

« Vivre c’est nourrir son âme. Tu peux penser qu’il n’y a rien après la mort, mais j’ai une histoire à te raconter qui pourrait te réconforter. »

L’homme aux cheveux de paille et à la barbe hirsute posa une main calleuse sur le dos de la jeune femme et l’emmena à l’écart des tombes, pour s’installer sur un énorme rocher couvert d’une mousse duveteuse.

« Deux jumeaux sont dans le ventre de leur mère. Ils parlent de l’accouchement. L’un dit à l’autre : - Crois-tu qu’il existe une vie après l’accouchement ? L’autre lui répond. Bien sûr que oui. C’est évident que la vie après l’accouchement existe. Nous sommes ici pour devenir forts et nous préparer pour ce qui nous attend par la suite. Le premier bébé répond : - C’est ridicule. Il n’y a rien après l’accouchement, à quoi ressemblerait une vie en dehors du ventre ? L’autre lui répond : - Eh bien, il existe beaucoup d’histoire à propos de l’autre côté. On dit que là bas il y a beaucoup de lumière, de joie, d’émotions et des milliers de choses à vivre. On dit même qu’on peut manger avec notre bouche. Le premier bébé rétorque : - C’est n’importe quoi ! Nous avons un cordon ombilical et c’est ça qui nous nourrit. Tout le monde le SAIT. Et en plus, il n’y a jamais eu de revenant de cette autre vie. Donc tout ça, ce sont des histoires pour les naifs. La vie se termine après l’accouchement. C’est comme ça, faut l’accepter. Y’a rien après. Le deuxième bébé lui répond : - Hé bien permets moi de penser autrement. C’est sûr, je ne sais pas exactement à quoi cette vie va ressembler et je ne pourrais rien prouver. Mais j’aime croire que, dans la vie qui vient, nous verrons notre mère et qu’elle prendra soin de nous. A ces propos, le premier bébé s’offusque :- "Maman" ? Tu veux dire que tu crois en "maman" ??? Ah ! Et où se trouve-t-elle ?
Amusé, le second bébé répond :- Mais partout, tu vois bien ! Elle est partout, autour de nous ! Nous sommes faits d'elle et c'est grâce à elle que nous vivons. Sans elle, nous ne serions pas là.
La premier bébé semble agacé par les propos de son frère :- C’est absurde ! Je n’ai jamais vu aucune maman donc c’est évident qu’elle n’existe pas.
Le second bébé, d’une voix calme et sereine répond :- Je ne suis pas d’accord, ça c'est ton point de vue. Car, parfois lorsque tout devient calme, on peut entendre quand elle chante. On peut sentir quand elle caresse notre monde.… Je suis certain que notre Vraie vie va commencer après l’accouchement...


Un moment de silence s’interposa entre eux. Cette histoire, Eagon l’aimait. Sa mère lui avait raconté depuis sa plus tendre enfance. Il ne croyait pas spécialement en Dieu ou au fantasme d’une vie après la mort. Mais il était convaincu que la vie sur Terre n’était qu’un passage. Que le corps de chair, n’était qu’un moyen pour l’âme de s’exprimer et de traverser des épreuves qui sont là pour la nourrir. Il considéra Saoryne avec un large sourire. Ses lèvres charnues se fendirent en deux sous l’effet du froid. Mais Eagon continuait à lui tendre sa sympathie. Car il l’appréciait plus qu’il ne l’avouerait.

« Par cette histoire, Saoryne, j’essaie de t’expliquer que ce n’est pas parce que tu ne vois pas quelque chose, que tu dois croire qu’elle n’existe pas. La mort fait partie du cycle de la vie. Ces personnes ont vécus leur vie Terrestre, mais peut-être que maintenant elles reposent en paix. Qu’elles ont fait leur travail ici et qu’il était temps pour elles de partir. De vivre d’autres expériences, peut-être plus spirituelles. Tu es là avec moi … nos vies de chair ne sont pas terminées et c’est pour cela qu’on doit continuer notre route. Notre histoire n’est pas finie et il n’est pas question de survie. Mais de continuer l’histoire de ta vie, tout simplement. Avec les épreuves qui vont avec. »

Il n'était vraiment pas certain d'avoir trouvé les bons mots. Non ... décidément, il aurait préféré se retrouver face à un bâtiment démoli pour le reconstruire, ou plancher des heures sur un plan de construction. Oui, les maths, le bricolage, la construction ... ça c'était son domaine. Mais analyser une question limite philosophique, ça c'était plus du ressort du grand Guide. M'enfin, il s'était chauffé la cervelle pour lui sortir une réponse plus ou moins convaincante. Le but étant surtout de lui redonner espoir en ... la Vie.

La bâtisseur posa ses mains sur ses genoux puis considéra son élève avec une moue dubitative. Avait-il été convaincant ?

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 Sujet: Re: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Jeu 15 Fév 2018 - 16:18

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Four boards and twelve nails
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Mes questions étaient aussi chimériques que mes pensées laissées au hasard de mes craintes, de mes peurs, de ces ombres qui me tourmentaient avec une telle facilité que s'en devenait déconcertant. Pourtant, Eagon s'était toujours montré patient. Pour une raison qui m'échappait... Son visage, ses traits, tout laissait comprendre que cet homme avait souffert et qu'il pâtissait encore de ne pouvoir s'accomplir comme il le souhaitait. De ces hommes en perpétuelle quête de quelque chose. Je l'enviais... Attendre quelque chose de la vie, c'était un manque qui me donnait l'impression d'être vide, insipide. Le bâtisseur tenta d'apporter un semblant de réponse à ma question. Penser à vivre, profiter de ce que le monde a à nous offrir et y trouver son compte. Était-ce suffisant ? Écumer les instants de joie, de bonheur fugace ? Des émotions volages que je peinais à croire comme étant capable de construire un réel sens à la vie...

Éloignée de mes racines, des seules personnes qui constituaient ma famille, des êtres pour qui j'aurais été prête à tout donner. Je n'avais plus personne à qui manquer, plus personne à qui servir. Pour chasser les démons qui m'enlaçaient, Eagon m'éloigna des tombes, nous installant sur un rocher sur lequel je m'assis à son geste initiateur. Il me conta alors cette histoire. Des jumeaux représentant les survivants et la mère une force spirituelle à laquelle se raccrocher pour donner un sens à ces moments que l'on vit. Une perception étriquée de la réalité alors qu'au-delà, bien plus nous attend. Je fronçai les sourcils. La mort était la fin de tout, contrairement à la naissance. Nous ne vivions pas vraiment lors de la gestation... et la mort n'avait rien d'une naissance... L'obscurité, l'arrêt de tout, c'était ça, ce qui nous attendait. Mais l'idée qu'il y ait autre chose, qu'au lieu de la noirceur du néant, nous soyons bercés par une lumière si intense qu'elle nous aveuglerait l'âme... Cette idée me plaisait quelque part. Elle plaisait l'esprit créatif et rêveur qui m'habitait, mais aussi laissait entrevoir autre chose qu'un vide anxiogène.

Le sourire d'Eagon ne dessina pas le mien, mes traits restant inquiets bien que la panique semblait s'être résorbée au gré de l'enchaînement de ses mots et des images qu'il insérait dans mon esprit. Il savait détourner mes peurs, éloigner mes terreurs. Et ce comme personne. Ses paroles suffisaient à m'apaiser, me ramener à la raison. Bien des nuits d'insomnies s'étaient transformées en repos salvateur à ses côtés. Il faisait fuir ces terreurs nocturnes qui m'empêchaient de trouver le sommeil. Un gardien des songes. Je baissai les yeux vers le sol, réfléchissant un instant aux dires d'Eagon. « Qu'est-ce que tu fais pour vivre plutôt que survivre ? À part voir demain, à quoi aspires-tu ? » Je relevais timidement les yeux vers son regard, comprenant que ce n'était pas l'homme le plus spirituel de Steros et que mes questions dépassaient de loin son intérêt. Mais s'il était capable d'avoir cette façon de penser, alors peut-être pourrais-je trouver en ses aspiration l'inspiration d'en avoir à mon tour. Des idées qui me permettraient de me lever pour autre chose que ne pas me faire expulser du campement...

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 Sujet: Re: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Jeu 15 Fév 2018 - 23:22

Elle blaguait là ? C’était une blague n’est-ce pas ? Il venait de sortir tout ce qu’il avait pu comme arguments pour lui donner un brin d’optimisme et elle venait tout balayer d’une simple question. Il n’était ni poète, ni philosophe, ni penseur. Eagon avait les mains d’un bâtisseur, les bras d’un maçon, le cerveau d’un mathématicien. Il voyait les choses de manière pragmatiques et avait assez de courage pour ne pas baisser les bras face au premier échec. Ces morts, ces destructions, ce froid … toutes ces vicissitudes faisaient parties de la vie. D’une vie dans laquelle il était acteur et spectateur. Il ne se levait jamais le matin en se demandant pourquoi il était là. Non. Il se levait et admirait ce qui l’entourait. Il profitait des choses simples qui s’offraient à lui. Comme observer la rosée du matin, ou contempler le ciel s’embrasant lors des couchers de soleil. La nature, dans sa destruction et son hostilité, présentait toujours des merveilles imperfectibles. Et ça, jamais il ne pourrait s’en lasser.

Hélion ne proposait pas ce genre de spectacle. C’était un demi cercle de verre, posé sur un amas de béton. Cette cité frigide et stérile proposait un abri pour l’humanité. Une sauvegarde de l’espèce, à défaut d’enfermer l’être humain dans une bulle. Or, justement, l’Homme devait apprendre à s’adapter au nouvel environnement. A évoluer sur cette planète qui fut jadis peut-être plus viable. Ce n’était pas en se protégeant des radiations, en respirant un air filtré et en vivant dans un environnement aseptisé que l’humanité allait prospérer. Il fallait des sacrifices pour voir les humains rebondir et aller de l’avant. Rien que l’idée de voir ses futurs enfants s’adapter à cette vie terrestre lui donnait la force de persévérer.

Eagon passa une main dans sa nuque ne sachant quoi rétorquer. Saoryne avait l’air au bout du rouleau. Comme si une enclume lui était tombée sur les épaules et qu’elle peinait à s’en remettre. Il avait envie de la secouer pour lui faire comprendre que la vie n’était pas une douleur. Qu’elle broyait du noir, mais qu’il s’agissait d’une simple épreuve, encore une, à braver. Elle n’avait pas à se plaindre. Après tout, Steros lui offrait gite et couverts. Une vie correcte s’offrait à elle et pourtant, la dépression semblait s’emparer de son petit minois. Malgré un sourire sincère, Eagon ne réussissait pas à soutirer la moindre once d’optimisme de sa part. Que faire ? Répondre à sa question ? Et s’il répondait à côté de la plaque. Si ses idées ne correspondaient pas à son attente, se glisserait-elle à nouveau dans une pente nébuleuse ?

Il prit le risque et tenta le tout pour le tout, dans un souffle profond. Tel un dragon, il dégageait une lourde buée de ses poumons dans un air glacial.

« Regarde autour de toi. Que vois-tu Saoryne ? Une nature pétrifiée dans la glace. Un ciel obstrué par les nuages. A Steros, plusieurs bâtiments se sont effondrés et à quelques pas de nous, des tombes se sont dressées. »

Les mains sorties de ses poches, il caressait la mousse duveteuse du bout des doigts.

« Et pourtant, dans cette désolation, tu peux y voir une beauté singulière. Ces plantes emprisonnées par le givre sont d’autant plus belles. Les cristaux blancs qui recouvrent le sol, les arbres et hautes herbes, nous plongent dans un autre univers. Une dimension que l’on n’a pas encore explorée jusqu’à maintenant. Les bâtiments effondrés seront reconstruits plus solidement, pour résister d’autant plus aux prochains tremblements de terre. Ce qui me fait vivre Saoryne, c’est que chaque jour ne se ressemble pas. Que la terre est belle et qu’il me plait de la contempler. De voir ce qu’on peut lui apporter. »

D’un geste amical, Eagon se pencha vers Saoryne et lui donna un coup d’épaule pour la faire réagir. A force de courber l’échine et de ne montrer aucun signe émotionnel sur son visage, elle finirait par se pétrifier en statue de pierre, sur cette roche humide.

« Allez … tu n’as qu’à te faire un projet. Les projets portent toujours une envie pour le lendemain. Tu ne te lèveras plus en te demandant pourquoi tu survies, mais tu te lèveras en te disant ; je dois faire ça pour arriver à telle finalité. Par exemple, pourquoi ne pas exploiter tes dons, tes talents ? Tout le monde en a. Il suffit de les trouver. Tu pourrais commencer par ça … trouver ton talent caché pour apprendre à l’exploiter et en faire quelque chose de concret. De positif pour toi ou pour la communauté. »

Il la bouscula légèrement d’un coup de coude amical et lui ébouriffa les cheveux.

« Maintenant fais moi un sourire ! J’en ai marre de te voir dépérir. » lança-t-il sur un ton mi moqueur, mi exaspéré.

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 Sujet: Re: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Ven 16 Fév 2018 - 17:02



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Chaque chose a un bon comme un mauvais côté... Des mots d'Eagon, c'est ce que je venais à retenir. Mais trouver la beauté dans les mauvaises choses me paraissait bien difficile. Là où l'espoir s'étiolait comme une vague de poussière soulevée par les vents, comment penser qu'il y a quelque chose de bon à retenir ? A regarder ? En quoi perdre tout ce qu'on s'est échiner à construire, à maintenir debout, ça a du bon ? Des personnes comme Jaxson, peuvent-elles vraiment avoir quoi que ce soit de bon en elles ? Le chagrin, la perte, la violence, tout ceci pouvait avoir quelque chose de bon ? Je ne croyais qu'à moitié les dires d'Eagon, mais je parvenais à m'en contenter.

Lorsqu'il se levait, le bâtisseur gardait à l'esprit ce qu'il avait à apporter à ce monde, à cette journée qui s'offrait à lui. Il n'était pas à manquer d'occupations pour la plupart essentielles à la vie de bien des personnes. Que ce soit auprès de ses amis - bien qu'il ne semblait pas en avoir beaucoup -, de ses élèves dont je faisais encore partie, des personnes à qui il rendait service de par sa force de travail. Eagon se contentait du but précis de chaque geste sans se demander pourquoi ce qu'il fait est utile. Abriter une personne alors que celle-ci peut sortir et se faire terrasser par une tempête, un éboulement suite à un tremblement de terre. Et ça, c'était en imaginant que les murs bâtis tenaient... Après, je comprenais sa passion du dur. Du solide que seuls les drames comme nous venions de vivre pouvaient réellement terrasser. Lorsqu'après des siècles entiers nous voyons encore des vestiges d'un temps que nous n'avion spas connu, ça laissait rêveur quand à l'idée de laisser la trace de notre passage. Les murs tenaient. Ceux de bois se laissaient ronger par le temps, mais la pierre restait la pierre. Et peu importe la raison pour laquelle on l'a construit, un abri reste un abri. Il pourrait continuer son office bien après nous, bien après tout.

Un coup d'épaule amicale. Je n'étais pas très tactile ni à communiquer la moindre camaraderie, mais ces gestes venant d'Eagon ne me dérangeaient aucunement. Mes sourcils restaient bas, mes lèvres fermées. J'essayais de relativiser, d'enlever ces appréhensions, ces troubles. Pour bien des raisons, j'essayais de faire au mieux à Steros pour ne pas m'emporter, pour ne pas laisser mes émotions prendre le dessus. Il le fallait car à me laisser prendre les choses trop à cœur, j'en venais à des extrêmes qui pouvaient finir par faire peur... que ce soit en bien ou en mal. Me fermer était plus une façon de préserver les autres que moi-même. Je ne voulais causer de tord à personne et que personne ne m'en cause. Ça pouvait paraître idiot, sans doute l'était-ce... Trouver un talent, une chose que je pouvais apporter à la communauté. Me contenter de faire de mon mieux pour mettre la main à la patte pour une cause perdue mais que nous étions des centaines à vouloir maintenir sur pieds. Une profonde tristesse m'envahissait, mais c'était le coup violent de la réalité. Si j'avais été, seule j'aurais été tentée de ne pas retarder l'échéance, Eagon savait m'insuffler la foi nécessaire pour que mon combat dure un peu plus longtemps...

En m'ébouriffant les cheveux, Eagon me demanda de lui sourire, de cesser d'afficher cette moue déconfite. Je le regardai timidement et tentai de courber mes lèvres. Ce n'était pas très convainquant, c'est vrai, mais j'osais espérer que ça lui suffise car bien que réconfortée par ses mots, je n'avais pas le cœur à sourire. « Je m'accorderai de réfléchir à tout ça... Merci Eagon. Même si je me doute que tu ne fais pas tout ça sous la contrainte, je te remercie pour le temps et la patience que tu m'accordes... » A ces mots, un sourire timide mais bien plus sincère se dessina sur mes lèvres. Je voyais bien qu'Eagon passait plus de temps auprès de moi qu'auprès de ses autres élèves. Et ce n'était pas parce que j'étais plus lente à comprendre les choses... Je me demandais avec réserve pourquoi il s'investissait autant auprès de moi. Et constatais chaque jour de l'importance qu'avait cette attention qu'il avait à mon égard. Le toisant d'un regard doux et mélancolique, je fus interpellée par des silhouettes qui s'approchaient au loin. Deux protecteurs sans doute venus nous récupérer... J'indiquais à Eagon d'un signe de tête leur approche.

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 Sujet: Re: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Aujourd'hui à 10:32

Hormis le questionnement existentiel de son passage sur Terre, quelque chose n’allait pas chez Soaryne. Eagon le voyait. Il n’avait pas beaucoup d’amis, n’était pas le genre de type à s’attacher aux autres et à voir les messages dissimulés. Avec lui, il fallait être direct. Se montrer franc, pour qu’il puisse comprendre l’intention. Mais Soaryne n’était pas comme à son habitude. Elle présentait un silence de plomb qui le dérangeait et cette mine déconfite le sombrait lui aussi, peu à peu dans une sorte de mélancolie obscure. Peut-être était-ce ces morts, dont elle se disait totalement détachée, qui l’affectaient ? Ou la destruction partielle de Steros ? Voir qu’il fallait à nouveau retrousser ses manches pour rebâtir le camp. Eagon ne pouvait pas comprendre les émotions qui bousculaient le corps de la jeune femme. Pour lui, cette catastrophe était un renouveau. Une manière pour les habitants de Steros de se relever plus forts que jamais. Certes la perte et la destruction faisaient mal, mais il s’agissait d’un mal nécessaire pour se reconstruire plus solidement.

Enfin, ENFIN, elle lui décrocha un sourire sincère. Ca lui faisait plaisir de la voir rayonnante, même si ses petits yeux affichaient clairement une tristesse indéfinissable. Le bâtisseur voulait la prendre dans ses bras noeux et la réchauffer du mieux qu’il le pouvait. Il était satisfait du résultat. A vrai dire, il doutait beaucoup de ses paroles, des histoires racontées, pour lui remonter le moral. Ce n’était pas le genre de type vers qui on allait demander réconfort. Un travail énorme, mais nécessaire avait été fait. Il se sentait maintenant capable d’affronter les tourments des autres, mais espérait que cela ne devienne pas une habitude. Il préférait bien plus passer du bon temps autour d’une table en bois à jouer aux jeux de cartes, plutôt que de sécher les larmes sur une peau fragile et irritée.

Il la serra dans ses bras d’une manière un peu trop virile et fraternelle. Mais Eagon était bien trop content pour garder contenance. Saoryne avait retrouvé un semblant de sourire et c’est tout ce qui comptait.

« C’est normal Saoryne. Tu es mon élève et … je n’aime pas te voir broyer du noir. Surtout ne fais rien de stupide. Ca serait dommage d’avoir chauffé mes neurones pour rien ha ha ! »

Il riait de bon cœur et sauta sur l’herbe grasse, qui craquelait légèrement sous son poids. Des hommes au loin se dessinaient dans la brume épaisse. Probablement des protecteurs venus les récupérer.

« Je pense qu’il est temps pour nous de rentrer au camp. Ca ne fera pas de mal de nous réchauffer autour d’un bon feu. »

Se frictionnant les mains vigoureusement, Eagon plissa curieusement les yeux à l’approche des deux silhouettes. Alors que la brume se dissipait sous les pas des deux arrivants, le bâtisseur reçu un message d’alerte lui traversant le corps tout entier. Le mode survie venait de se déclencher. Instinctivement, il attrapa Saoryne par le bras en la forçant à sauter du rocher.

« Planque toi ! »

Les deux compagnons se glissèrent dans les broussailles derrière deux grands pins, aux bordures d’une forêt, aux arbres éparses, figée par le givre. Les deux hommes vêtus de noir n’étaient plus qu’à quelques mètres maintenant. Eagon tendit le cou. Son cœur battait la chamade et sa main se porta au niveau de sa sacoche en cuir, dans laquelle se trouvait son couteau.

« Ce ne sont pas des protecteurs … du moins, pas des gens de Steros. »

Lança le bâtisseur dans un murmure presque inaudible. Il ne sympathisait pas avec tout le monde dans le camp, mais Eagon était un homme qui connaissait le sens du détail. Etant particulièrement physionomiste, il pouvait facilement remarquer qui était de Steros ou pas. Mettre un nom dessus était une autre pair de manche. Les deux hommes passaient devant eux, l’air menaçant. Ils avaient dans leurs mains, des armes curieuses et une sorte de cuirasse sur leurs larges épaules. Que faisaient-ils ici ? A quelques pas du recueil des Sterosiens ?

« Il faut prévenir les autres … »

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 Sujet: Re: (20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   

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(20/01/2481) Four boards and twelve nails ▬ Eagyne
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